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| Le président rwandais Paul Kagame |
Lors d’une conférence de presse organisée ce jeudi 27 novembre à Kigali, le président rwandais Paul Kagame a de nouveau critiqué les autorités congolaises au sujet de la crise sécuritaire qui secoue l’Est de la République démocratique du Congo.
Le chef de l’État rwandais a reproché au gouvernement de Kinshasa de «refuser d’assumer ses responsabilités» dans la recherche d’une solution au conflit, notamment en écartant toute négociation avec le mouvement rebelle du M23. Ce groupe armé est régulièrement cité dans les rapports des Nations unies comme bénéficiant du soutien de l’armée rwandaise, des accusations que Kigali rejette systématiquement.
Interrogé sur la réouverture de l’aéroport de Goma, souhaitée par Paris et Kinshasa pour des raisons humanitaires, Paul Kagame a estimé que la question devait être discutée «directement avec les rebelles qui contrôlent la ville».
Paul Kagame a également relativisé l’ampleur de la crise humanitaire actuelle. «Oui, il y a des souffrances, c’est indéniable. Mais il semble qu’il y en ait eu davantage avant le déclenchement de la crise», a-t-il déclaré, avant de dénoncer ce qu’il considère comme une instrumentalisation du discours humanitaire. Selon lui, «on ne peut pas parler de crise humanitaire sans en souligner la cause profonde».
Revenant sur l’historique du conflit, le président rwandais a rappelé que la région avait déjà connu une crise similaire en 2012. «Comment est-il possible qu’un problème survenu en 2012 se reproduise dix ans plus tard, malgré une présence internationale censée résoudre ces problèmes ?», s’est-il interrogé. À ce niveau, Kagame a dénoncé «l’hypocrisie» et le «double discours» de certaines puissances étrangères, qu’il accuse d’entretenir la crise tout en se présentant comme préoccupées par la souffrance des populations.
Pour tout dire, un climat de tensions persistantes toujours entre la RDC et le Rwanda. Malgré les initiatives diplomatiques menées ces derniers mois à Washington et à Doha, les relations entre les deux pays restent marquées par la défiance et l’absence de progrès tangible vers une désescalade.
La Rédaction
