![]() |
| Ir. Dieudonné Lossa, coordonnateur de la société civile forces vives de l'Ituri |
La coordination provinciale de la société civile forces vives de l’Ituri alerte sur des pertes importantes de recettes publiques au poste douanier de Mahagi, situé à la frontière avec l’Ouganda. Dans une lettre ouverte adressée au gouverneur militaire de la province, elle évoque un coulage de recettes lié à la redevance sur les produits pétroliers.
Selon les données révélées ce 4 novembre, 750 camions-citernes auraient franchi ce poste au cours du mois d’août 2025. Pourtant, seuls 171 auraient été enregistrés, et 163 auraient effectivement acquitté la taxe FONER auprès de la Direction générale des douanes et accises (DGDA). À raison de 3 100 dollars par camion, les recettes perçues s’élèveraient à 505 300 dollars (pour les 163 camions) pour le mois d'août.
La société civile renseigne que l'État congolais aurait perdu à Mahagi les recettes pour 579 camions-citernes non comptabilisés pour le même mois, ce qui représenteraient une perte mensuelle de près de 1,8 million de dollars. Extrapolée sur dix derniers mois, la perte totale atteindrait 17,9 millions de dollars, lit-on dans le document parvenu à notre Rédaction.
La coordination provinciale rappelle qu’une première alerte avait été lancée en avril 2024. Face à la persistance du phénomène, elle redoute l’existence d’un «réseau mafieux» structuré opérant depuis Kinshasa jusqu’en Ituri. «La province de l'Ituri ne doit plus être considérée comme un champ où tout citoyen du monde vient glaner », déclare Dieudonné Lossa, coordonnateur de la société civile forces vives de l'Ituri.
Dans sa lettre, la coordination demande au Gouverneur militaire de prendre des mesures urgentes pour mettre fin au coulage des recettes censées financer l’entretien des routes. Elle appelle également le Procureur général de l’Ituri à ouvrir une enquête sur les services douaniers concernés, et invite le Directeur général du Fonds national d’entretien routier (FONER) à clarifier publiquement les termes de son partenariat avec la DGDA, «de peur d'être assimilé de collaborer dans le coulage des Recettes en Ituri».
Germain Aboki
