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MAMBASA : un scandale carcéral sous silence !

 

La prison centrale de Mambasa en Ituri 

La prison centrale de Mambasa serait devenue le symbole d’un échec institutionnel en province de l'Ituri. Les morts qui s’y accumulent ne sont plus des faits divers isolés mais la preuve d’une faillite chronique de l’État dans sa mission la plus élémentaire, celle de préserver la vie humaine.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Plus de 131 détenus ont péri entre 2020 et 2021. En janvier 2022, quinze autres ont succombé à la malnutrition sévère. En janvier 2023, sept prisonniers supplémentaires sont morts de faim, selon la Nouvelle Société Civile.

Et aujourd’hui encore, un nouveau décès signalé vient rappeler que rien n’a changé, pour dire que les murs de la prison de Mambasa condamneraient des prisonniers à une lente agonie.

Il y a lieu de penser que la libération ponctuelle de quelques détenus pour désengorger les cellules ne serait qu’un pansement sur une plaie béante. Le plus grand problème ne serait pas le nombre mais l’absence de nourriture, de soins et de conditions minimales de survie. Les gestionnaires de la prison, impuissants, assistent à une tragédie qui se répète sous leurs yeux.

Ce scandale n’est pas nouveau. La société civile et autres défenseurs des droits humains alertent depuis des années, lançant des appels au gouvernement restés lettre morte. «Sauvons les locataires de la prison de Mambasa» implorait déjà le coordonnateur local de la Nouvelle Société Civile en 2023. Mais l’indifférence des autorités transforme chaque jour cette prison en un cimetière silencieux.

Sans doute, le scandale de la prison de Mambasa est une honte nationale. Dans un pays où les détournements de fonds sont monnaie courante, voir des prisonniers mourir de faim et de maladie est une faillite morale et institutionnelle.

Ici, l'on peut affirmer que chaque nouveau décès, provoqué par la faim et des conditions de détention indignes, rappelle avec force que l’inaction de l’État congolais face à cette situation, tue autant que les atrocités commises par les groupes armés en province de l'Ituri.

NE.