Sur la Route nationale 27 entre Bunia et Mahagi, le déplacement est devenu un vrai spectacle. Le tronçon Bunia-Goli, long de 185 kilomètres, ressemble à une piste de gladiateurs où chaque véhicule lutte contre la boue.
Pendant que les passagers s’improvisent acrobates pour franchir les bourbiers, l’entreprise Oriental Roads and Construction (ORC), censée entretenir la route, a trouvé son coupable préféré, la pluie.
Pluie, excuse officielle de l'ORC
Dans sa réponse au Caucus des parlementaires de l’Ituri, ORC a expliqué que les averses d’octobre et novembre sont responsables de l’état désastreux de la RN27.
Une justification qui fait sourire jaune, car en Ituri la pluie tombe chaque année, mais ce n’est pas elle qui a signé le contrat ni qui encaisse les millions de l'État pour entretenir la RN27.
Incapacité maquillée
La société civile locale ne s’y trompe pas et réclame la résiliation du contrat. D’après nos sources, la supercherie de l’ORC consisterait à percevoir 1,86 million de dollars par an pendant trois ans, alors que, sur le terrain, elle est incapable de maintenir l’état normal de la RN27.
Sans doute, aucun d'ailleurs, il s'agit d'une prouesse digne d’un manuel de magie, transformer l’entretien routier en rente sans travaux.
Manœuvres secrètes
Comme si cela ne suffisait pas, ORC s’oppose au projet de modernisation de la RN27 porté par le gouvernement central et censé être confié à Good News Africa. Le 29 octobre, l’entreprise a secrètement adressé une correspondance au ministre des Infrastructures à Kinshasa, pour dire non à ce contrat.
Une position qui surprend. Incapable d’entretenir la route, ORC veut aussi empêcher qu’un autre le fasse. Tandis que les usagers de la RN27 roulent dans la boue, ce qui intéresse l’ORC, c’est l’argent des contribuables. Plus il pleut, mieux cela lui permet de se justifier.
Après de multiples dénonciations, ORC promet enfin des solutions. Mais ces mesures ressemblent à des châteaux de sable, qui disparaîtront au premier orage. Les usagers continuent de s’enfoncer dans la gadoue, pendant qu’ORC perfectionne son art de l’excuse, la pluie. Dossier à suivre !
La Rédaction
