![]() |
| Ir. Dieudonné LOSSA, Coordonnateur provincial de la Société Civile Forces Vives de l'Ituri |
Ce lundi 22 décembre, le Bureau de la Coordination Provinciale de la Société Civile Forces Vives de l’Ituri a adressé ses vœux de «paix, prospérité, santé et longévité à l’occasion de Noël 2025 et du Nouvel An 2026».
Mais derrière ce message de circonstance, la société civile a tiré la sonnette d’alarme sur une situation jugée intenable concernant la gestion de l’électricité par la société Green Tech en ville de Bunia.
Selon la coordination provinciale, depuis que Green Tech assure la distribution du courant de la Sokimo, la desserte de la ville de Bunia est passée de trois quarts sous Electrokimo à seulement un quart. Une régression qui accentue la précarité énergétique des habitants. À cela s’ajoutent des frais jugés exorbitants pour des raccordements multiples, qualifiés d’«arnaque» dans le message parvenu à notre Rédaction.
Tarifs trois fois plus élevés
La comparaison des prix est édifiante. La Sokimo facturait 1 kW/h à 176 francs congolais, soit environ 126 720 Fc par mois pour une consommation continue. Green Tech, de son côté, applique un tarif de 520 Fc pour le même kW/h, soit 374 400 Fc mensuels. Un prix trois fois plus élevé, présenté comme l’un des plus lourds de toute la République démocratique du Congo, dénonce la coordination provinciale des Forces Vives en Ituri.
Elle illustre cette flambée par le cas des vendeurs de poissons frais à Bunia. Chaque mois, ils déboursent en moyenne 1 118,75 dollars américains pour l’électricité. Avec 150 clients concernés, la facture globale atteint 167 805 dollars par mois, soit plus de 2 millions de dollars par an. Des sommes colossales qui, selon la société civile, enrichissent indûment Green Tech, une société dont la paternité est d'ailleurs contestée par la Sokimo.
Interpellation à l'État
«Voilà comment une société s’enrichit indûment au vu et au su de l’État congolais», fait savoir la coordination provinciale dans son message. Près d’une année après le début de cette situation, les Forces Vives de l’Ituri s’étonnent que les autorités n’aient pas encore mis fin à ce qu’elles qualifient d’«affaire d’arnaque».
Germain Aboki
