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| Ali Mohamed Ali Abd-Al-Rahman, dit Ali Kosheib |
La Cour pénale internationale (CPI) a rendu mardi 9 décembre un verdict historique. Ali Mohamed Ali Abd-Al-Rahman, dit Ali Kosheib, ancien chef de la milice soudanaise Janjawid, a été condamné à vingt ans d’emprisonnement pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis au Darfour entre 2003 et 2004.
Reconnu coupable en octobre de viols, meurtres et tortures, l’homme de 76 ans est resté impassible lors du prononcé de sa peine par la juge Joanna Korner. Vêtu d’un costume bleu et d’une cravate, il a écouté sans réaction la lecture d’un jugement qui le décrit comme ayant «activement» participé aux atrocités. Le tribunal a établi qu’il avait «personnellement perpétré» des passages à tabac, parfois à la hache, et ordonné des exécutions.
Le portrait d’un bourreau
Le procureur Julian Nicholls avait plaidé en novembre pour une peine de réclusion à perpétuité, qualifiant l’accusé de «tueur à la hache» et décrivant des crimes «tout droit sortis d’un cauchemar». Les témoignages des victimes évoquent une véritable «campagne d’extermination, d’humiliation et de déplacement» menée par Kosheib et ses hommes.
Le Darfour, théâtre d’un conflit meurtrier
Le conflit du Darfour, déclenché en 2003 par des groupes rebelles dénonçant une discrimination ethnique systématique, avait entraîné la riposte du régime de Khartoum par l’envoi des Janjawid, milice paramilitaire à majorité arabe. Selon l’ONU, cette guerre a fait près de 300 000 morts et 2,5 millions de déplacés.
Ali Kosheib, qui avait fui en République centrafricaine en 2020 avant de se rendre à la CPI, niait être un haut responsable des Janjawid. Le tribunal a rejeté ses arguments, estimant qu’il avait joué un rôle central dans les crimes commis.
Un contexte toujours brûlant
Si l’accord de paix de 2020 a mis fin officiellement au conflit du Darfour, le Soudan reste plongé dans la violence. Depuis avril 2023, une guerre oppose l’armée aux Forces de soutien rapide (FSR), héritières des Janjawid, causant des dizaines de milliers de morts et des millions de déplacés.
Début novembre, le bureau du procureur de la CPI a d’ailleurs averti que les atrocités commises à El-Fasher pourraient constituer de nouveaux crimes de guerre et crimes contre l’humanité.
La Rédaction
