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| Hon. Espérance Musafiri |
L’honorable Espérance Musafiri, notable des Bahema Badjere et ancienne députée nationale élue de Djugu, multiplie depuis plusieurs mois les prises de parole pour alerter l’opinion, en particulier la communauté Hema, sur les conséquences de la guerre que mène la CRP de Thomas Lubanga dans la chefferie des Bahema Badjere à Bule.
Selon elle, cette rébellion expose dangereusement les populations civiles de Bule à des violences et à une crise prolongée. Membre du gouvernement provincial sous Jean Bamanisa, Espérance Musafiri estimait déjà que la soi-disant «révolution» de Thomas Lubanga n’avait pas sa place dans une région meurtrie par des décennies de violences.
Elle souligne que les populations Hema, notamment les Badjere de Bule, ont plus besoin d’accalmie et non d’une nouvelle guerre. «Je le dirai toujours, votre révolution (CRP) ne pouvait pas s’installer dans ce milieu. Les conséquences, nous les vivrons pour longtemps», alerte-elle.
«Les personnes normales, après l'expérience de Nyamamba éviteraient ce dégât. Surtout pas oser dans un milieu vulnérable comme Bule, la Zone de Drodro» et ailleurs, là où les communautés Hema essaient tant bien que mal de se relever après des décennies de guerre, souligne Espérance Musafiri.
Les avertissements de l’élue semblent aujourd’hui se confirmer à Bule : champs ravagés, habitants contraints de fuir leurs maisons pour rejoindre des sites de déplacés, maisons détruites, paroisse catholique vandalisée, président de la société civile des Bahema Badjere assassiné, écoles fermées, situation humanitaire chaotique.
Aujourd'hui indignée par cette situation, Espérance Musafiri accuse la CRP d’exploiter la souffrance des populations civiles pour une lutte politique visant uniquement l’accès au pouvoir. «Cessez d’exploiter le malheur de ces personnes, miroiter un bonheur utopique… Croyez-le moi, vous payerez», avertit-elle.
Ses prises de position lui valent insultes, menaces et accusations de la part des acolytes de Thomas Lubanga, mais Espérance Musafiri persiste. «Vous avez déjà fait trois mois à Bule, vous pouvez continuer votre route» ailleurs, lance-t-elle, rappelant que Bule, malgré les violences passées, tentait de se stabiliser avant l’arrivée de la CRP.
«La malédiction que Bule tire sur vous (CRP) proclame l’échec et la fin de cette entreprise criminelle», conclut-elle, tout en appelant les populations à la prise de conscience pour ne pas se laisser manipuler par cette rébellion.
Germain Aboki
