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| Augustin Kabuya, président a.i de l'UDPS |
Dans une interview accordée Jeune Afrique, Augustin Kabuya, président intérimaire de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), a assumé une orientation politique majeure.
Le parti présidentiel place désormais la révision de la Constitution au cœur de son agenda, une prise de position qui relance les discussions institutionnelles en République démocratique du Congo.
Augustin Kabuya affirme que la loi fondamentale doit évoluer. Pour lui, aucun texte n’est intouchable et certains articles posent problème, notamment celui relatif à l’état de siège. «Il n’y a que la Bible qu’on ne peut pas toucher», a-t-il renchéri.
Sur la question sensible d’un éventuel troisième mandat pour Félix Tshisekedi, ce bras droit du Chef de l'État adopte une prudence stratégique. Il assure ne pas avoir abordé directement le sujet avec le président de la République, mais laisse ouverte l’hypothèse d’un référendum si le peuple en décidait ainsi.
S'agissant du conflit dans l'Est de la RDC, le président a.i de l’UDPS accuse Paul Kagame, président du Rwanda, d’être le parrain de la rébellion du M23. Il rejette également les tentatives d’impliquer Joseph Kabila dans la responsabilité du conflit.
Concernant l’initiative de dialogue proposée par la CENCO et l’ECC, Augustin Kabuya se réfère à la position du président Tshisekedi. Il ne prend pas d’engagement personnel, préférant s’aligner sur la ligne officielle du pouvoir.
Pour tout dire, le parti présidentiel assume un agenda constitutionnel, évite de s’exprimer explicitement sur un troisième mandat et privilégie le référendum comme voie principale pour valider ses choix politiques.
L'interview d'Augustin Kabuya à Jeune Afrique met en lumière une stratégie du parti au pouvoir qui cherche à ouvrir le débat institutionnel tout en gardant une marge de manœuvre sur la question du mandat présidentiel.
La révision constitutionnelle apparaît désormais comme un axe assumé par l'Udps, tandis que le référendum se profile comme l’outil privilégié pour légitimer les décisions à venir. Qui vivra, verra.
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