La tension est montée d’un cran ce jeudi midi à l’Hôpital général de référence de Rwampara, considéré comme l’un des épicentres de l’épidémie d’Ebola après Mongwalu. Selon des sources locales, la mort d’un jeune homme suspecté d’être atteint du virus a déclenché la colère de ses proches et de plusieurs jeunes du quartier.
Ils contestent les circonstances du décès et exigent la récupération du corps. Sur place, la police tente de contenir la foule pour éviter tout débordement. Mais la colère s’exprime déjà par des jets de projectiles contre les bâtiments de l’hôpital. Deux véhicules, dont une ambulance, ont été endommagés, apprend-on.
Depuis la déclaration officielle de l’épidémie le 15 mai par le ministère de la Santé, la riposte peine à enrayer la progression du virus en Ituri. Aucun centre de traitement n’est encore opérationnel, compliquant la prise en charge des cas suspects et alimentant la défiance des communautés.
Les autorités sanitaires appellent les relais communautaires à intensifier les séances de sensibilisation pour informer la population sur les risques liés à la maladie. Mais sur le terrain, la méfiance et la colère dominent, révélant l’écart entre les consignes officielles et la réalité vécue dans les hôpitaux.
L’Ituri, déjà marquée par l’insécurité et les violences armées, devient le théâtre d’une crise sanitaire où la peur se mêle à la défiance. La mort suspecte de Rwampara souligne la fragilité d’un système de santé débordé, incapable pour l’instant de rassurer une population qui voit l’épidémie s’installer sans réponse concrète.
La Rédaction


