Une vue de la voirie réalisée par Mont Gabaon à Bunia 

À Bunia, la modernisation des infrastructures publiques, financée par l'État, suscite un débat croissant. Si plusieurs entreprises interviennent sur les chantiers de la ville, c'est la société Mont Gabaon, notamment en charge de la réhabilitation de l'aéroport de Bunia et de l'asphaltage de plusieurs voiries urbaines, qui concentre aujourd'hui l'essentiel des critiques.

Au fil des témoignages recueillis, une interrogation persiste. Pourquoi les travaux réalisés par cette entreprise alimentent-ils autant de controverses, alors que d'autres sociétés participent également aux projets d'infrastructures en Ituri ? Au-delà de la qualité des ouvrages, c'est désormais le fonctionnement du dispositif de contrôle technique qui est remis en question dans l'opinion locale.

Des inquiétudes persistantes sur la qualité des ouvrages

Après la publication de notre précédent sondage consacré aux perceptions de la population de Bunia, les réactions se sont multipliées. Des habitants, des membres de la société civile ainsi que des responsables politiques locaux estiment que certains ouvrages présentent des finitions qu'ils jugent insuffisantes au regard des investissements publics engagés.

Plusieurs personnes interrogées parlent de travaux qui, selon elles, ne répondent pas aux standards attendus pour des infrastructures destinées à servir durablement la population. Certaines vont jusqu'à qualifier les réalisations de «malfaçons», tandis que d'autres réclament simplement une expertise indépendante afin d'établir objectivement la conformité des travaux.

À ce stade, aucune expertise technique publique n'a été rendue disponible permettant de confirmer ou d'infirmer ces allégations.

Le Bureau Technique de Contrôle au centre des interrogations

Les critiques ne visent plus uniquement l'entreprise chargée des travaux. Elles concernent également le Bureau Technique de Contrôle (BTC), l'administration chargée de vérifier la conformité ces ouvrages publics.

Pour plusieurs observateurs à Bunia, la question centrale est désormais celle de l'efficacité du contrôle exercé sur les différents chantiers. Certains s'interrogent sur la fréquence des inspections, les méthodes d'évaluation utilisées et la publication des rapports techniques.

En l'absence de communication officielle détaillée sur ces aspects, ces interrogations alimentent les doutes d'une partie de l'opinion publique.

Des investissements publics sous surveillance

La modernisation de la ville de Bunia constitue l'un des projets d'infrastructures les plus visibles en Ituri. Des financements publics importants ont été mobilisés afin d'améliorer les routes urbaines ainsi que les installations de l'aéroport.

Pour plusieurs acteurs de la société civile, ces investissements devraient s'accompagner d'un suivi technique transparent et régulier, permettant de rassurer la population sur la qualité des ouvrages réalisés.

Ils demandent notamment qu'une mission d'inspection indépendante soit dépêchée afin d'évaluer l'état d'avancement des travaux, leur conformité aux cahiers des charges et le respect des normes techniques applicables.

Mont Gabaon défend son travail

Face aux critiques de plus en plus portées par l'opinion locale, Mont Gabaon a, selon plusieurs sources, tenté d'apporter des explications sur la conduite des travaux, notamment via sa Chargée de communication. 

Toutefois, ces réponses n'ont pas suffi à dissiper les interrogations exprimées par une majeure partie de la population et des acteurs de la société civile, qui continuent de réclamer davantage de sérieux dans l'exécution des travaux publics par l'entreprise sous examen. 

Toutefois, aucun rapport officiel concluant à des irrégularités ou à une non-conformité des travaux n'a été rendu public à ce jour. 

Une exigence de transparence

Au-delà du cas de Mont Gabaon, la controverse met en lumière une question plus large, celle de la gouvernance des marchés publics et des mécanismes de contrôle des infrastructures financées par l'État.

Vue d'une voirie réalisée par Mont Gabaon 

Dans une province confrontée à d'importants défis de développement, plusieurs ressortissants soutiennent que la publication systématique des rapports d'inspection, des procès-verbaux de réception des ouvrages et des résultats des contrôles techniques contribuerait à renforcer la confiance du public.

En attendant d'éventuelles réponses des autorités compétentes et des services techniques concernés, les appels à un audit indépendant continuent de se faire entendre. Pour leurs auteurs, seul un contrôle transparent et documenté permettra de déterminer si les ouvrages réalisés par Mont Gabaon répondent effectivement aux exigences techniques prévues par les contrats publics.

NE.