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| Le député national Daniel Uyewa |
La déclaration de la Dynamique de soutien à Daniel Uyewa, député national de l’Ituri, continue de provoquer une vive indignation au sein des parlementaires de l’Ituri, provinciaux comme nationaux. Le 1er novembre, cette plateforme a affirmé qu’un groupe d’élus des territoires de Djugu et d’Aru aurait ourdi un complot visant à assassiner l’élu, en collusion avec la rébellion CRP de Thomas Lubanga.
L’accusation, aussi grave que soudaine, a provoqué une levée de boucliers. En Ituri comme à Kinshasa, les réactions n’ont pas tardé. Les députés provinciaux d’Aru ont rejeté en bloc ce qu’ils qualifient d’allégations gratuites, exigeant que les noms des élus mis en cause soient rendus publics. Ils dénoncent une tentative de manipulation politique et s’insurgent contre l’atteinte portée à l’image de leur territoire, qu’ils disent «épris de paix».
À Kinshasa, le Caucus des parlementaires de l’Ituri est monté au créneau. Dans une déclaration publiée hier mercredi 5 novembre, députés et sénateurs, réunis en urgence, ont jugé les propos de la Dynamique Daniel Uyewa «d’une extrême gravité». Ils exigent des clarifications immédiates de la part de leur collègue et de sa bande de soutien, estimant que ces accusations ternissent l’image de l’ensemble des élus de la province.
Propos excessifs
L’affaire est sur le point de prendre une dimension institutionnelle. Les propos de la Dynamique Daniel Uyewa étant excessifs, le Caucus des parlementaires de l’Ituri menace de saisir le Bureau de l’Assemblée nationale et le Comité des sages afin d’obtenir des éclaircissements.
Pour certains, ces accusations dépassent le cadre du débat parlementaire et interpellent sur la responsabilité d’un élu lorsqu’il met en cause l’intégrité de ses collègues, allant jusqu’à les associer à une rébellion armée.
Pression croissante
La pression s’intensifie autour de Daniel Uyewa, désormais sommé de s’expliquer sur des accusations qui menacent la cohésion sociale en Ituri et compromettent sa crédibilité au sein de l’Assemblée nationale.
L'affaire devient sérieuse à la lumière des dispositions prévues par le droit congolais. Ici, un député reconnu coupable de dénonciation calomnieuse ou de diffamation peut être poursuivi, sous réserve de la levée de son immunité parlementaire. À la limite, des sanctions disciplinaires internes à l’Assemblée nationale sont également prévues en cas de manquement à l’éthique parlementaire.
Vers une procédure ?
En autorisant la publication d’une telle déclaration sans en mesurer les conséquences, Daniel Uyewa se retrouve désormais sous pression. Ce qui était présenté comme une tentative d’assassinat pourrait bien se retourner contre son principal dénonciateur. À défaut de preuves, l’élu risque de devoir répondre de ses accusations devant ses pairs, et peut-être devant la justice.
Germain Aboki
