Le président ougandais Yoweri Museveni n’a pas parlé au hasard en affirmant ce vendredi que l’Ituri faisait partie du Bunyoro. Derrière cette référence historique se cache une stratégie politique et géostratégique qui mérite d’être décryptée.
Le «vieux» Yoweri Museveni ne commet pas une maladresse, il ment. L’Ituri n’a jamais appartenu au Bunyoro. Sa déclaration est une manœuvre politique qui révèle un jeu dangereux, celui d’un voisin prêt à instrumentaliser l’histoire pour justifier ses ambitions.
Cette sortie, dans un contexte de chaos persistant dans l’Est de la RDC, interpelle. Pourquoi Yoweri Museveni choisit-il ce timing et quelle stratégie dissimule-t-il ?
Le président Museveni n’est pas seulement un président discret. C’est un acteur redoutable des rapports de force régionaux. Utilisé par Washington dans la balkanisation du Soudan, il s’est affirmé comme un stratège silencieux mais incontournable.
Sa déclaration sur l’Ituri ne peut être dissociée de cette posture. Elle rappelle que la RDC n’a pas d’alliés solides dans la région, mais plutôt des voisins attirés par ses richesses, en particulier dans l’Est.
L’Ituri, au nord-est de la RDC, séparée de l’Ouganda par le lac Albert, est une terre de richesses. Bois et minerais y abondent, attisant depuis longtemps l’appétit ougandais, qui la considère dan son imaginaire comme sa province francophone face à son anglophonie.
Affirmer que l’Ituri appartenait au Bunyoro revient à l’inscrire dans une logique de revendication historique susceptible d’alimenter des ambitions territoriales.
Cette sortie de Museveni peut être perçue comme un test. Le Rwanda et l’Ouganda évoluent dans une logique similaire contre la RDC, entourée de voisins attirés par ses richesses naturelles.
Depuis des décennies, l’Est de la RDC est la cible d’ingérences et de prédations. Les Congolais doivent ouvrir l’œil, derrière les récits historiques se cachent des stratégies de domination. Le territoire national est menacé de dévoration.
NE.
