Ce vendredi, la chefferie des Bahema Badjere, dans le territoire de Djugu, aurait été la cible de frappes aériennes attribuées à la Monusco par des sources locales, avec des civils parmi les victimes.
Des leaders communautaires dénoncent des bombes larguées par un hélicoptère de la Monusco, responsables de morts et de mutilations, selon eux. La mission de l'ONU récuse ces accusations, affirme ne pas disposer d’appareil de combat dans la zone et rappelle que son mandat est de protéger, non de frapper.
À Dhego et Mbidjo par exemple, les images et témoignages rapportent des morts et des blessés graves. Trois enfants de moins de dix-huit ans comptent parmi les victimes. Les écoles et marchés sont restés fermés et la population vit dans la peur et l’insécurité.
L’interrogation demeure. Qui a lancé ces bombes ayant touché des civils ? Les groupes armés ne disposant pas d’appareils aériens, les regards se tournent vers la Monusco ou les FARDC. Mais aucune des deux parties ne reconnaît son implication et la population de Djugu reste la principale victime.
Les habitants maintiennent leurs accusations contre la Monusco. Les leaders communautaires soulignent que les populations savent identifier les responsables des attaques. La mission onusienne, accusée de se dérober, invoque son mandat de protection des civils. Mais les critiques, présentes depuis la Monuc à la Monusco, perdurent. Elle n’a jamais assuré une protection effective.
Ce bras de fer entre accusations et démentis révèle une crise de confiance. Le manque de transparence et de responsabilité laisse les civils sans protection. Si la Monusco est en cause, elle doit répondre de ses actes. Si les FARDC sont responsables, l’État doit sanctionner ses propres soldats.
La responsabilité de ces frappes ne peut être éludée, qu’elle soit celle de la Monusco ou des FARDC. L’absence de clarté mine la confiance de la population et accentue son sentiment d’abandon.
NE.
