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ASSEMBLÉE NATIONALE : l'Hon. Robert Agenong’a adresse une question écrite à la ministre de l'Environnement sur les zones d’ombre dans la gestion des aires protégées en RDC

Le député Robert Agenong’a, élu de l'Ituri 

À l’Assemblée nationale, la question de la gestion des aires protégées refait surface. Le député Robert Agenong’a a adressé, le 3 avril, une question écrite à la ministre de l’Environnement, Marie Nyange, pointant de sérieuses préoccupations sur la gouvernance, le financement et la transparence dans ce secteur clé en République démocratique du Congo.

La RDC figure parmi les pays les plus riches en biodiversité au monde. Avec près de la moitié des forêts tropicales africaines et le bassin du Congo, deuxième massif forestier de la planète, elle dispose d’un réseau étendu d’aires protégées.

Plusieurs sites, dont le Parc national de la Garamba, la réserve de faune à okapis et le Parc national de Kahuzi-Biega, sont classés au patrimoine mondial de l’UNESCO. Leur gestion est assurée par l’Institut Congolais pour la Conservation de la Nature, sous tutelle du ministère de l’Environnement.

Sous financement chronique

Dans sa démarche parlementaire, le député met en cause l’insuffisance des moyens alloués à l’ICCN. Selon lui, ce déficit budgétaire empêche l’institution de remplir efficacement sa mission de protection.

Il demande au gouvernement à travers la ministre de l'Environnement de fournir des données détaillées sur les budgets alloués entre 2021 et 2025, les montants effectivement décaissés ainsi que les écarts constatés.

Partenariats controversés

Le député Robert Agenong’a s’interroge également sur la multiplication des partenariats publics privés conclus avec des organisations internationales telles que African Parks, Wildlife Conservation Society et World Wide Fund for Nature.

Ces accords concernent notamment le parc national de la Garamba, la réserve de faune à okapis et le parc national de Kahuzi-Biega. Selon lui, plus de huit organisations étrangères participeraient à la gestion directe d’aires protégées en RDC.

L'élu de Mahagi en Ituri dénonce un manque de transparence sur les termes, les durées et les engagements financiers de ces conventions, auxquelles ni l’Assemblée nationale ni l’opinion publique n’ont accès.

Acteurs nationaux écartés

Autre point soulevé, l’absence d’implication des acteurs congolais. Robert Agenong’a souligne que des ONG, entreprises et initiatives locales actives dans la conservation ne sont ni consultées ni associées aux mécanismes de partenariat.

Il demande à la ministre quelles mesures seront prises pour favoriser leur participation.

Enjeux de souveraineté

La question prend une dimension stratégique en raison des ressources naturelles présentes dans certaines aires protégées, notamment l’or, le coltan, le cobalt, le pétrole, les diamants ou encore des essences forestières précieuses.

Pour Robert Agenong’a, confier la gestion de ces zones à des entités étrangères sans contrôle parlementaire constitue un risque pour la souveraineté nationale. Il rappelle que la Constitution garantit à l’État un contrôle permanent sur ces ressources.

Légalité des accords

Sur le plan juridique, le député évoque la loi de 2018 relative aux partenariats publics privés, qui impose des procédures strictes.

Il exige la transmission, pour chaque contrat signé après cette date, des documents justificatifs nécessaires. À défaut, ces conventions pourraient être considérées comme conclues en violation de la loi, à l'entendre. 

Pour les accords antérieurs, le député élu de l'Ituri dénonce l’absence de cadre légal, d’appel d’offres et de mécanismes de contrôle.

Questions détaillées posées

Au total, plus de seize questions ont été adressées à la ministre de l'Environnement. Elles portent notamment sur le financement de l’ICCN, la liste des conventions, les montants mobilisés par les partenaires étrangers, le rôle du Parlement, la conformité juridique des contrats et l’intégration des acteurs congolais.

Interrogation centrale posée

In fine, Robert Agenong’a soulève une question de fond celle de savoir à qui profite la conservation des aires protégées en RDC.

Il insiste sur le fait que ces ressources appartiennent au peuple congolais et que celui-ci doit être au cœur de leur gestion et en être le premier bénéficiaire. 

Germain Aboki