Avant de se rendre en province de l'Ituri ce samedi, le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a été reçu le vendredi soir par la Première ministre Judith Suminwa Tuluka à Kinshasa. Cette rencontre à la Primature s’inscrit dans le cadre du soutien aux efforts nationaux de lutte contre l’épidémie d’Ebola Bundibugyo, qui frappe actuellement l’Est du pays.
À l’issue de l’audience, le patron de l’OMS a salué le leadership du gouvernement congolais et rappelé l’expérience accumulée par la RDC au fil de ses seize précédentes épidémies. «Nous savons que c’est une crise assez complexe, mais la RDC dispose déjà d’une vaste expérience dans la lutte contre le virus. Nous sommes certains que nous serons en mesure de contenir cette épidémie une fois de plus», a-t-il déclaré.
Tedros Adhanom a insisté sur la volonté affichée par Kinshasa de transformer cette crise en opportunité pour renforcer durablement le système de santé. Il a également souligné les investissements déjà réalisés et le soutien des partenaires internationaux. «Du côté de l’OMS, nous donnerons tout le soutien possible au Gouvernement congolais», a-t-il promis.
Interrogé sur l’absence de vaccin ou de traitement spécifique contre la souche Bundibugyo, identifiée pour la première fois en 2007 en Ouganda, le directeur général de l’OMS a reconnu que le faible nombre de cas enregistrés lors des flambées précédentes n’a pas permis d’accélérer la recherche clinique. Plusieurs candidats vaccins et traitements sont toutefois en cours de développement et pourraient être évalués dans le cadre de la riposte actuelle.
En attendant, l’OMS poursuit son appui aux autorités congolaises à travers la surveillance épidémiologique, le suivi des contacts, le dépistage, l’isolement des cas et la coordination des partenaires sur le terrain.
Le patron de l’OMS a réagi aux restrictions imposées par certains pays aux voyageurs en provenance de la RDC. «Beaucoup d’études ont montré que la fermeture des frontières peut ralentir la propagation pendant quelques jours ou quelques semaines, mais elle ne permet pas de contenir l’épidémie. La meilleure stratégie est de soutenir la lutte à l’épicentre», a-t-il estimé.
Il a averti que ce type de mesures pouvait décourager la transparence des pays confrontés à une épidémie, alors même que la coopération internationale demeure essentielle pour une riposte efficace.
Confirmée le 15 mai 2026 en Ituri, l’épidémie s’est étendue aux provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. L’OMS l’a déclarée urgence de santé publique de portée internationale. Malgré les difficultés d’accès aux communautés touchées, les autorités sanitaires congolaises se disent confiantes, fortes de leur expérience et de leur connaissance approfondie des épidémies d’Ebola.
La Rédaction
