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TROISIÈME MANDAT EN DÉBAT : Tshisekedi se veut «homme d’État», voici l'essentiel de la conférence de presse du chef de l'État

Lors de sa conférence de presse ce mercredi soir à Kinshasa, le président Félix Tshisekedi a livré un message ferme et rassembleur, abordant les enjeux sécuritaires, économiques et sociaux de la RDC. Face aux critiques et attentes populaires, il a clarifié sa stratégie diplomatique, vanté des avancées internes, ouvert la porte à un débat constitutionnel encadré et évoqué avec nuance le rôle passé de l'ancien président Joseph Kabila.

Dès l’entame, Félix Tshisekedi a écarté tout soupçon de faiblesse dans sa stratégie. «Avoir choisi la voie diplomatique n’est pas un acte de faiblesse», a-t-il déclaré, précisant n’avoir «accepté aucun accord qui aurait porté atteinte à la dignité du peuple congolais».

Il a dénoncé cette RDC «réduite à l’image d’un pays que l’on pille», appelant à transformer les richesses en emplois pour la jeunesse. Sur le front militaire, les révélations du président de la République ont été sans détour.

Félix Tshisekedi a rappelé avoir trouvé une armée «décomposée, faible, désorganisée», avec des soldats «comme des clochards» et des infiltrations ennemies cachées à sa connaissance. Il a présenté ses excuses pour avoir promis une guerre au Rwanda avec «la moindre escarmouche», ignorant cet état de fait à son accession au pouvoir.

Bilan économique et social

Le chef de l’État a mis en avant des progrès concrets. «Les salaires des fonctionnaires ont été triplés, tandis que ceux des policiers et des militaires ont été quadruplés», a-t-il rappelé, évoquant aussi les infrastructures dans l’enseignement supérieur. «Des choses ont été faites, des résultats existent. Le chemin parcouru est réel», a-t-il affirmé, tout en refusant l’autosatisfaction.

«L’heure n’est ni au relâchement ni à l’autosatisfaction», a déclaré le président de la République. Il a reconnu les «impatiences» et «douleurs» populaires, insistant sur le fait que «L’État doit agir davantage, mieux et plus vite». Le pays n’est «pas pauvre, il a été appauvri par l’agression et par trop d’occasions manquées», a poursuivi le président congolais. 

Constitution, médias et regard sur Kabila

Sur la révision constitutionnelle, ton nuancé et inclusif. «Aucune question d’intérêt national ne saurait être confisquée, caricaturée ou interdite de réflexion mais toute réflexion sur notre constitution doit être conduite avec sérieux, avec transparence, avec méthode dans le respect scrupuleux de l’état de droit, sans précipitation, sans manipulation et sans obsession politicienne», a-t-il indiqué.

Félix Tshisekedi est «pour que les experts étudient la Constitution… mais pas pour un troisième mandat mais si le peuple me le demande je ne refuserai pas», a-t-il précisé. «L’homme politique pense au mandat et l’homme d’État réfléchit aux prochaines générations», a philosophé le chef de l'État.

S'agissant de l'ancien président Joseph Kabila, il a «fait du bien à la République en acceptant l’alternance en 2019», mais «malheureusement, Joseph Kabila est sorti du pays clandestinement», a-t-il regretté, ajoutant : «Avant, il me faisait signe quand il voulait voyager, mais du coup j’étais surpris d’apprendre pour la dernière fois qu’il était déjà à l’extérieur du pays».

Pour les médias, «la presse n’est pas l’ennemi de l’État» et «informer ce n’est pas attiser, critiquer ce n’est pas détruire», a fait savoir le président de la République. Cependant, «une information qui affaiblit délibérément les institutions de l’État au bénéfice de l’agresseur ne relève pas de la liberté de presse : elle s’apparente à une forme de complicité», a dit Félix Tshisekedi. Ici, le chef de l'État soutient le patriotisme et a rappelé son ouverture au dialogue national en perspective.

Gestes symboliques, élections et vision d’avenir

Quant à l’organisation des élections en 2028, Félix Tshisekedi a avancé que «Nous avons réussi la première alternance au pays depuis 1960. Nous n’avons pas le droit de cracher sur un tel héritage. Mais on ne va pas organiser les élections en 2028 sans le Nord et le Sud-Kivu».

Sans ambiguïté, il a promis de décorer Fally Ipupa «au nom de la RDC» dès son retour au pays. Du reste, le président de la République a plaidé pour «une RDC unie, qui recherche la paix sans lâcher sa dignité», appelant à «l’unité et à la maturité dans le débat public».

NE.