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| Hon. Espérance Musafari, ministre provinciale des Droits humains, à côté du gouverneur militaire de l'Ituri, le général-major Gaby Kasongo (Photo d'illustration) |
L’arrivée du général-major Gaby Kasongo comme nouveau gouverneur militaire de l’Ituri devait incarner un tournant. Elle devait redonner confiance à une population meurtrie par des années de violences. Mais à Bule, les espoirs s’effondrent déjà. L’honorable Espérance Musafari, ministre provinciale des Droits humains et figure incontournable du plaidoyer sécuritaire et humanitaire, dénonce des actes de sabotage qui compromettent l’élan attendu.
Depuis toujours, Espérance Musafari porte la voix des habitants de Djugu, plus particulièrement de Bule, contraints de vivre dans des sites de déplacés à quelques centaines de mètres de leurs maisons. Elle rappelle que l’accalmie obtenue grâce aux plaidoyers, interpellations et démarches, renforcée par l’arrivée des humanitaires, s’est brutalement dissipée après la nomination du nouveau gouverneur militaire. Les tueries, les viols... continuent normalement et aujourd’hui et tous les efforts fournis auparavant semblent tomber dans l’eau, alerte la ministre provinciale des Droits humains.
Ce qui choque davantage, souligne-t-elle, c’est que ces crimes se produisent alors même que plusieurs ministres sectoriels, Santé, Affaires sociales et Actions humanitaires, Communication et Médias séjournent à Bunia. «Personne n’en parle», dénonce-t-elle, fustigeant un silence coupable.
Espérance Musafari interpelle directement le ministre de la Santé, Dr Roger Kamba, sur le cas d’une femme de 74 ans violée près du site de Plaine Savo. Elle exige des enquêtes immédiates sur les tueries et les viols enregistrés ces derniers jours. Ces actes sabotent l’arrivée du nouveau gouverneur militaire, avertit-elle, exigeant que les auteurs répondent de leurs crimes.
La ministre provinciale insiste sur le fait que le territoire de Djugu, précisément la chefferie des Bahema-Badjere, mérite une attention immédiate de la nouvelle administration militaire. Les attentes de la population ne doivent pas être une nouvelle fois trahies, d’autant plus que l’épidémie d’Ebola menace déjà les sites de déplacés.
Ici, Espérance Musafari interpelle notamment le ministre de la Santé, la ministre des Affaires sociales Ève Bazaiba et le Porte-parole du gouvernement Patrick Muyaya, tous présents à Bunia, pour qu’ils assument leurs responsabilités.
«Ces populations entassées dans les sites doivent regagner leurs domiciles avant qu’il ne soit trop tard», martèle-t-elle, qui appelle à une action urgente pour réduire la concentration dans les camps et prévenir une catastrophe sanitaire. Notable de la région, Espérance Musafari rappelle aussi que la crise humanitaire à Bule impose un soutien immédiat du ministère des Affaires sociales.
Pour elle, les souffrances endurées par les habitants de Bule imposent une réponse forte et rapide du nouveau gouverneur militaire. «Des milliers de personnes continuent de vivre dans des sites de déplacés, notamment celui de Plaine Savo situé à moins d’un kilomètre de chez eux. Ceci n’est pas normal», déclare-t-elle, tout en réaffirmant son soutien aux forces armées de la République et son accompagnement au gouverneur militaire.
La nomination du général-major Gaby Kasongo représente une opportunité historique de répondre enfin aux défis sécuritaires de l’Ituri. Mais Espérance Musafari prévient : la population de Bule attend des résultats concrets, et elle ne tolérera plus de promesses sans actes. Elle exige des autorités militaires que tout soit fait pour rétablir la confiance et la cohabitation pacifique entre les FARDC et la population qui continuent de se regarder comme «chien et chat» dans la région de Bule, transformant la pauvre population à une cible à abattre.
Germain Aboki
