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TOURNÉE NATIONALE DE GRÂCE ÉMIE KUTINO : la jeunesse congolaise n’a plus besoin d’audiences, elle exige la fin du mensonge politique ! [Tribune]

M. Blaise Pascal Bunduku

Il faut le dire sans trembler, la tournée nationale de la ministre congolaise de la jeunesse, Grâce Émie Kutino ressemble davantage à une opération de diversion qu’à une politique de jeunesse.

Le pays brûle, mais on nous sert des descentes provinciales, des séances photo, des chaises alignées et des discours recyclés. Comme si la jeunesse congolaise avait encore le temps de jouer les figurants dans une chorégraphie institutionnelle.

Depuis des décennies, les gouvernements congolais excellent dans un art devenu presque culturel : «faire semblant d’agir». Et la tournée actuelle de la ministre de la jeunesse s’inscrit jusqu’à preuve du contraire dans cette même logique du spectacle politique où l’on écoute pour éviter d’agir, où l’on consulte pour ne rien bousculer, où l’on occupe le terrain pour ne pas occuper les problèmes.

Pendant ce temps, la réalité est brutale, la jeunesse congolaise ne vit pas une crise, elle vit un abandon. Elle ne cherche plus un emploi, elle cherche une issue. Elle ne demande plus une formation; elle demande une survie. Elle ne réclame plus des programmes;  elle réclame qu’on arrête de jouer avec son avenir.

Et pendant qu’elle se bat pour exister, le pouvoir continue de se battre… pour communiquer.

Trop, c’est trop !

Il est temps de nommer les choses. Une tournée ministérielle sans transformation est une mise en scène. Une écoute sans résultat est un mépris déguisé. Une politique sans courage n’est qu’un mensonge institutionnalisé. Car si cette tournée n’est pas suivie d’actes concrets, mesurables, visibles, avec des budgets transparents et un calendrier public, alors elle n’aura servi qu’à maquiller le vide, un vide que les jeunes ressentent chaque jour dans leur chair.

La vérité, c’est que la jeunesse congolaise n’est plus disponible pour servir de décor à la communication gouvernementale. Elle est trop lucide, trop blessée, trop sacrifiée pour encore applaudir des promesses qui n’ont jamais passé la porte des ministères.

Et si Grâce Émie Kutino ne transforme pas immédiatement son périple en politique de rupture, alors elle portera, comme tant d’autres avant elle, la responsabilité de ce que les jeunes vivent aujourd’hui, «un pays où l’on parle de leur avenir pendant qu’on enterre leurs espoirs».

La tournée de la ministre a encore une chance de basculer du côté de l’histoire.

Mais attention : le temps politique est fini, le temps des preuves a commencé. La jeunesse congolaise ne veut plus être consultée. Elle veut être respectée. Elle veut être servie par l’État, pas instrumentalisée par lui.

Et que cela plaise ou non, c’est désormais à Grâce Émie Kutino de décider : sera-t-elle l’architecte du changement… ou la continuité d’un grand mensonge national ?

Blaise-Pascal Bonduku 

Patriote résistant, Journaliste et Expert en communication