Le procès des fusillades meurtrières de Bunia s’est ouvert ce lundi devant le tribunal militaire de garnison. Douze prévenus, dont certains militaires, doivent répondre de crimes graves commis en juillet et août. Au-delà des faits, l’audience remet sur la table une question sensible. La peine de mort doit-elle être appliquée pour dissuader les criminels ?
La ville de Bunia, chef-lieu de l’Ituri, vit au rythme d’un procès hors du commun. Douze prévenus sont jugés pour leur implication présumée dans les fusillades des 30 juillet et 5 août 2025, qui avaient endeuillé les quartiers Yambi Yaya et Lumumba. Ces attaques, menées en pleine soirée dans des bistrots fréquentés, avaient fait au moins quatre morts et plusieurs blessés.
Selon l’enquête, les assaillants avaient utilisé des armes de guerre pour tirer à bout portant sur des civils attablés. Parmi les accusés figurent des militaires, certains déjà connus de la justice pour leur implication dans d’autres affaires.
Le ministère public leur reproche une série d’infractions graves : meurtres, assassinats, tentatives de meurtres, coups et blessures volontaires aggravés, détention illégale d’armes de guerre et association de malfaiteurs.
Les audiences se tiennent en public, à l’espace Epo-ville, afin de permettre aux habitants de suivre le déroulement du procès. Cette transparence viserait, selon les informations obtenues des sources judiciaires par NouvelEchoRdc sur-place, à «renforcer la confiance de la population dans la justice militaire et à montrer que l’impunité ne peut plus être tolérée».
Au-delà des charges retenues, le procès suscite un débat brûlant. Des voix locales réclament «une sanction exemplaire», estimant que «seule la peine capitale pourrait dissuader les criminels». D’autres insistent sur la nécessité d’«un procès pédagogique, qui serve de leçon et montre que la justice peut protéger les citoyens».
Le verdict attendu dans les prochains jours dira si les prévenus seront condamnés à des peines lourdes, voire à la peine capitale. Quelle que soit l’issue, ce procès se veut exemplaire dans la lutte contre l’impunité à Bunia et dans la quête de sécurité pour les habitants de l’Ituri. À suivre !
La Rédaction
