L'administration militaire de l’Ituri a annoncé le dépôt d’une plainte contre la députée honoraire Angèle Tabo Makusi, accusée d’avoir relayé des informations jugées trompeuses sur la maladie à virus Ebola, dans un contexte marqué par la vigilance sanitaire dans l’est de la République démocratique du Congo, plus particulièrement en Ituri.
L’information a été confirmée par le lieutenant Jules Ngongo, porte-parole des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) en Ituri, dans un élément parvenu à NouvelEchoRdc ce jeudi matin. Selon lui, le gouvernement provincial reproche à l’ancienne élue des propos qualifiés de «suicidaires».
Les autorités militaires l’accusent notamment de s’être livrée à la «diffusion d'informations erronées sur la maladie à virus Ebola» et d’avoir porté atteinte à l’image du gouverneur militaire de l’Ituri, le lieutenant-général Johnny Luboya.
D’après Jules Ngongo, Angèle Tabo Makusi a affirmé que le gouverneur militaire a distribué de l’argent à des personnes déplacées afin de les encourager à regagner leurs localités d’origine, en soutenant que cet argent était porteur de la maladie à virus Ebola.
Le porte-parole des FARDC a rejeté ces allégations et estimé que la députée honoraire est «tombée dans son propre piège et que ses propos contribuent à une infodémie dangereuse». Il a ajouté qu’elle devra répondre de ses déclarations devant les juridictions compétentes.
L'affaire intervient alors que les autorités provinciales intensifient leurs efforts de sensibilisation face aux risques sanitaires liés à Ebola, une maladie qui a déjà provoqué plusieurs décès dans l’est du pays.
Par ailleurs, le lieutenant Jules Ngongo, s’exprimant au nom du gouverneur militaire, a adressé une mise en garde aux responsables de certaines églises de réveil accusés de diffuser des messages contraires aux recommandations médicales.
Selon lui, certains prédicateurs «trompent» leurs fidèles en affirmant que la maladie à virus Ebola peut être guérie lors de veillées de prière. Il a rappelé que les personnes infectées doivent être orientées vers les structures sanitaires spécialisées afin de bénéficier d’une prise en charge appropriée.
Les autorités préviennent que les établissements religieux qui continueraient à promouvoir de telles pratiques pourraient faire l’objet de mesures administratives pouvant aller jusqu’à leur fermeture.
Aucune réaction officielle d’Angèle Tabo Makusi n’a été enregistrée au moment de la publication de cet article.
La Rédaction
