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BULE/DJUGU : les prêtres catholiques clarifient l’opinion après les propos de Jules Ngongo et Luc Malembe sur les affrontements des 5 et 6 décembre

Une vue de la population de Bule, face à l'insécurité 

La communauté sacerdotale de Bule a réagi ce mercredi 10 décembre à la suite des déclarations médiatiques de Jules Ngongo, porte-parole des FARDC en Ituri, et de Luc Malembe, communicateur civil proche de l’administration militaire.

Les prêtres de la paroisse Saint-Joseph de Bule ont livré un témoignage détaillé sur les événements survenus les 5 et 6 décembre dans leur localité, marquée par des affrontements entre militaires loyalistes et jeunes armés, en réaction à Jules Ngongo et à Luc Malembe, et dans le souci d’éclairer l’opinion nationale et internationale.

Vendredi 5 décembre : une matinée sous le feu 

Selon les prêtres, les premières tensions ont éclaté dès 6 h du matin, alors qu’ils se rendaient à la messe. Des militaires auraient interpellé plusieurs civils, dont un pasteur protestant nommé Lona. Vers 7 h 15, des détonations d’armes en provenance de la zone de KAA ont provoqué un déplacement massif de la population vers le site de la plaine Savo.

Les religieux affirment s’être réfugiés dans leur maison avec des personnes vulnérables, tandis que les tirs nourris se rapprochaient du centre Koko, situé à environ 300 mètres de l’église paroissiale. Vers 11 h 30, des militaires ont été aperçus en train de tirer sur des habitations proches de l’église, sans viser la paroisse. Peu après, des jeunes armés auraient suivi les militaires, avant que les échanges de tirs ne cessent autour de 13 h.

Samedi 6 décembre : reprise des hostilités 

Le lendemain matin, les prêtres disent avoir alerté la MONUSCO sur la présence inquiétante de jeunes armés à proximité du camp militaire et de la paroisse. Malgré les assurances de la mission onusienne, de nouveaux tirs ont éclaté vers 9 h 30 en direction du centre commercial de Bule.

Les affrontements se sont intensifiés jusqu’à midi, moment où les militaires loyalistes auraient tiré abondamment depuis la cour paroissiale vers le centre, pendant près d’une heure et demie. Après leur départ, les religieux affirment avoir vu les jeunes armés emprunter la même direction que les forces loyalistes, comme la veille.

Inquiétudes persistantes

La communauté sacerdotale de Bule souligne, dans sa réaction parvenue à notre Rédaction, avoir rencontré le commandant de la MONUSCO et exprimé ses craintes quant à la proximité des groupes armés avec les camps militaires et les habitations civiles, dénonçant une insécurité persistante et une situation qui plonge la population dans la peur. 

Mais «monsieur Jacques qui fait le relais entre le commandant et les civils a répondu qu'ils ont déjà fait le rapport. Nous lui avons rétorqué que le rapport c'est bien mais pas suffisant», lit-on dans la clarification des prêtres de Bule signée par le curé de la paroisse.

De toute observation, cette réaction mettrait en évidence la volonté des religieux de défendre la vérité et de préserver la dignité de la population face aux discours contradictoires. 

Germain Aboki