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HAUT - KATANGA : l’ONG YMAE en croisade contre la corruption scolaire à Kipushi

À l’approche des épreuves certificatives, Kipushi se retrouve face à un défi majeur; celle de restaurer la culture du mérite dans un système éducatif fragilisé par les antivaleurs. C’est dans ce contexte que l’organisation Youth Action for Education Haut-Katanga (YMAE) a lancé une campagne de sensibilisation d’envergure, appelant à éradiquer les pratiques avilissantes qui gangrènent la passation des examens. Une initiative salutaire, mais qui met en lumière une réalité plus profonde : celle d’une fraude devenue, à tort, une norme tolérée.

À l’Institut Furaha, des élèves venus de plusieurs écoles de la cité de Kipushi ont répondu présents. L’activité, soutenue par la Division provinciale ÉDUC-NC Haut-Katanga 1 et l’Inspection principale provinciale, a également connu la participation des représentants du sous-Proved et de l’Inspool secondaire. Une mobilisation institutionnelle significative. Elle traduit une prise de conscience collective, même si, sur le terrain, les pratiques décriées continuent de résister.

Face aux élèves, le secrétaire provincial de YMAE Haut-Katanga, Francy Nzengu, a adopté un ton direct. Corruption, tricherie, “labo”… mais aussi “Pintshi” ou “Kuza salle”... Ces expressions locales qui traduisent des réalités bien ancrées. En les dénonçant sans détour, il a cherché à provoquer un sursaut de conscience. Car derrière ces pratiques se cache une dérive dangereuse : celle d’une génération tentée de réussir sans effort, au détriment de l’intégrité et de la compétence.

Dans la même dynamique, le représentant du sous-Proved a attiré l’attention sur une autre forme de dérive : la manipulation des frais scolaires. En rappelant les montants fixés par l’arrêté du gouverneur, il a mis en garde contre les abus de certains établissements. Une mise au point nécessaire, tant les parents sont souvent pris en étau entre exigences officielles et pratiques officieuses. Ici encore, la question de la transparence s’impose avec acuité.

Les échanges avec les élèves ont permis d’éclaircir plusieurs zones d’ombre, preuve d’un réel besoin d’encadrement et d’information. Mais au-delà de cette campagne, une évidence s’impose : la lutte contre les antivaleurs ne peut se limiter à des discours ponctuels. Elle exige un engagement constant de tous; élèves, parents, enseignants et autorités. Car au bout du compte, ce n’est pas seulement la réussite aux examens qui est en jeu, mais la crédibilité même de l’école congolaise.

Blaise-Pascal Bonduku