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ITURI : finalement, la descente aux enfers d'une «baronne» des infrastructures sur une note d'opprobre judiciaire

Mme Bijoux Djamba
Le verdict est tombé le 23 avril 2026 dans la salle d'audience du Tribunal de grande instance de Bunia. Ancienne figure centrale de l’administration provinciale, Bijoux Apayi Djamba a été reconnue coupable de détournement de deniers publics.
Celle qui dirigeait la prestigieuse Division des Infrastructures et Travaux Publics (ITPR) avant sa suspension par le gouverneur militaire de l'Ituri a été condamnée à une peine de six mois de travaux forcés.
L'enquête, déclenchée par une réquisition du gouverneur Johnny Luboya auprès de l’Inspection provinciale des finances de l’Ituri, a mis en lumière un système de spoliation particulièrement lucratif.
Selon les conclusions des inspecteurs, l'ex-chef de division aurait attribué des domaines fonciers appartenant à l’État à des intérêts privés contre rémunération. Ce montage financier occulte aurait permis de détourner une somme totale estimée à plus de 377 710 dollars américains.
Si le tribunal a retenu des circonstances atténuantes pour la peine de prison, il s'est montré d'une grande sévérité sur les sanctions civiles et administratives. Pendant les douze mois suivant l'exécution de sa peine, Bijoux Djamba perd ses droits de vote et d’éligibilité.
Plus radical encore, le jugement lui interdit définitivement tout accès aux fonctions publiques ou paraétatiques, quel que soit le rang hiérarchique, tout en lui refusant le droit à une libération conditionnelle ou à une réhabilitation future.
Sur le plan des réparations financières, la sentence impose à la condamnée le versement de 10 000 dollars à l'État congolais au titre de dommages et intérêts. Le tribunal a toutefois relevé une faille procédurale de taille en précisant qu'il ne pouvait ordonner la restitution des fonds détournés car aucune saisie n'avait été opérée préalablement lors de l'instruction.
Pour Bijoux Djamba, l'heure est désormais à l'exécution d'une condamnation qui clôt une carrière administrative autrefois prometteuse sur une note d'opprobre judiciaire.
NE.