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MAHAGI : plus de 50 000 déplacés exposés à des risques sanitaires élevés, alerte la société civile

Photo d'illustration 

Malgré l’instauration de l’état de siège depuis plus de cinq ans, la situation sécuritaire en Ituri reste loin d’être rassurante. Plus de 51 000 déplacés, majoritairement des femmes et des enfants, vivent dans des conditions précaires dans la chefferie de Djukoth, selon la société civile de Mahagi.

Entassées dans des églises et des salles de classe, ces familles venues du territoire de Djugu sont exposées à des risques sanitaires élevés et à des tensions croissantes avec les populations locales.

Dans les zones de santé de Logo et Rimba, plus de 14 000 enfants sont privés d’éducation. La société civile rapporte également au moins sept décès infantiles, faute de soins. La promiscuité et le manque d’accès aux services de base aggravent la vulnérabilité des déplacés, qui se retrouvent dans une situation d’urgence humanitaire.

Instauré en 2021 pour tenter de neutraliser les groupes armés, l’état de siège n’a pas permis de stabiliser durablement la province. Aucun groupe armé n’a été définitivement neutralisé. Tous demeurent présents, certains actifs, d’autres en sommeil mais renforcés, cas de la milice CODECO. 

La crise sécuritaire reste réelle et touche directement les territoires de Djugu, Mahagi, Mambasa et Irumu. Dans plus de 70 sites de déplacés, les familles ne peuvent envisager un retour vers leurs villages d’origine, faute de garanties sécuritaires.

Les acteurs de la société civile exhortent les autorités nationales et les partenaires internationaux à intensifier les efforts pour répondre à cette double crise, sécuritaire et humanitaire.

Ils insistent sur la nécessité de renforcer les services de santé, de relancer l’accès à l’éducation et de mettre en œuvre des stratégies efficaces pour neutraliser les groupes armés. Sans une réponse coordonnée, la province de l’Ituri risque de rester prisonnière d’une instabilité chronique.

La Rédaction