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EDU-NC - DINACOPE : le compte à rebours de Raïssa Malu sur le dossier Mbaka

Trois mois après la suspension de Boniface Mbaka de ses fonctions de directeur chef de service de la DINACOPE (Direction Nationale de Contrôle, de la Paie et de la Maîtrise des Enseignants), un constat s’impose dans le secteur éducatif : les enseignants respirent enfin un peu mieux dans le paiement de leurs salaires et des primes de gratuité. Un paradoxe troublant s’installe alors dans l’opinion : et si le système fonctionnait mieux précisément sans celui qui en avait la charge ?

Dans les couloirs administratifs comme dans les écoles, la même interrogation revient avec insistance. Car le droit administratif congolais prévoit une règle simple mais lourde de conséquences : en l’absence de décision formelle après trois mois, un agent suspendu peut automatiquement réintégrer son poste. Une mécanique juridique qui, dans ce dossier précis, se transforme en véritable bombe à retardement institutionnelle.

Des faits lourds et un système qui a vacillé

Les accusations ayant conduit à la suspension de Boniface Mbaka ne relèvent pas du simple dysfonctionnement administratif. Elles évoquent des ponctions sur les primes de gratuité ayant touché plus de 32 000 enseignants, pour un préjudice estimé à plus de 471 millions de francs congolais. À cela s’ajoutent des milliers de cas de sous-paiement et de non-paiement, révélant un système de gestion profondément fragilisé.

Depuis sa mise à l’écart, plusieurs corrections ont été observées dans la chaîne de paiement. Des enseignants autrefois oubliés ont été rétablis dans leurs droits. Une amélioration qui, dans les faits, pose une question dérangeante : comment un service stratégique peut-il afficher plus d’efficacité sans celui qui en assurait la direction ?

L’heure de vérité pour Raïssa Malu

À l’approche de l’échéance des trois mois de suspension, le dossier bascule désormais dans une zone politique sensible. Le silence administratif n’est plus neutre : il devient un signal. Et ce signal peut être interprété comme une hésitation, voire une incapacité à trancher sur un cas emblématique.

La responsabilité de la ministre Raïssa Malu est désormais pleinement engagée. Car au-delà du cas individuel, c’est la crédibilité même de la lutte contre les antivaleurs dans l’administration publique qui est en jeu. Laisser le flou s’installer, c’est prendre le risque d’un retour mécanique, prévu par les textes, mais politiquement explosif.

Dans ce type de dossier, le temps administratif n’est plus un simple délai : il devient une épreuve de vérité. Et dans les prochaines heures, l’État devra choisir entre la clarté d’une décision assumée ou l’ambiguïté d’un silence lourd de conséquences.

Blaise-Pascal Bonduku