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| Des coordonnateurs provinciaux de la SCFV-RDC |
Dans un communiqué publié mercredi 6 avril, la Société Civile Forces Vives de la RDC (SCFV-RDC) exige «la levée immédiate» de l’état de siège en vigueur depuis cinq ans dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri. Selon l’organisation, cette mesure exceptionnelle «n’a produit aucun résultat palpable par rapport aux objectifs assignés» et aurait même contribué à aggraver la crise sécuritaire.
Le Bureau de coordination nationale de la SCFV-RDC souligne que l’état de siège «n’a pas empêché les avancées de la rébellion AFC/M23, ni l’activisme des ADF et des groupes armés locaux». En Ituri, il aurait «favorisé la multiplication, voire l’entretien, de milices qui sèment la terreur et la désolation», selon le communiqué. La SCFV-RDC cite notamment le renforcement des ADF dans le sud d’Irumu et dans le territoire de Mambasa, avec une extension de leurs activités jusqu’au Haut-Uélé, menaçant même la province de la Tshopo.
Elle dénonce également la situation humanitaire. «Plus d’un million de civils déplacés vivent aujourd’hui à proximité du camp de l’UPDF, dans des conditions assimilables à une prison à ciel ouvert, sans aucune assistance», indique la SCFV-RDC.
Le ton se durcit lorsque le communiqué évoque le massacre du 28 avril sur la RN27, entre Djugu et Pimbo, où environ 100 civils ont été tués en province de l'Ituri. «À notre très grande surprise, ce massacre sauvage est resté ignoré par l’administration militaire. Plusieurs corps en putréfaction sont abandonnés au sol ou jetés dans la rivière Tse», déplore la SCFV-RDC. Elle fustige par ailleurs «la tentative de masquer ces souffrances indescriptibles des populations civiles par l’asphaltage de quelques artères de Bunia», rappelant que «l’objet de l’état de siège est sécuritaire et non économique».
Le Bureau national de la Société Civile Forces Vives de la RDC appelle à une enquête indépendante. «Nous demandons l’ouverture d’une enquête mixte afin d’élucider les circonstances réelles de la mort de ces paisibles Congolais, dont le sang réclame justice», conclut le communiqué.
La Rédaction
