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EXPLOSION DE CAS D'EBOLA EN ITURI : le ministre de la santé rejette les accusations de négligence

La République démocratique du Congo fait face à une nouvelle résurgence de la maladie à virus Ebola dans la province de l’Ituri, moins de six mois après la fin officielle de la 16ᵉ épidémie dans le Kasaï.

Alors que des voix s’élèvent pour dénoncer une supposée lenteur des autorités, le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, Samuel Roger Kamba, rejette catégoriquement les accusations de négligence.

Lors d’une conférence de presse tenue le 16 mai à Kinshasa, il a expliqué que le cas index présumé, un infirmier décédé le 24 avril au Centre médical évangélique (CME) de Bunia, n’avait pas immédiatement été identifié comme Ebola. «Vous avez dit quelque chose qui m’étonne. Vous dites : “Qu’est-ce qui n’a pas marché, l’épidémie est là depuis un mois et vous n’avez pas réagi”. Je vous rappelle qu’il y a eu un malade, un infirmier, qui est décédé à Bunia d’une maladie qui n’était pas encore notifiée. J’ai donné la date : le 24 avril, a-t-il affirmé. 

Le ministre a précisé que le corps avait été transféré à Mungwalu, où des pratiques funéraires traditionnelles ont favorisé la propagation. «C’est lors des cérémonies funéraires que les gens pleurent, pensant qu’il s’agissait d’une maladie mystique, ont touché le corps et multiplié les contacts. C’est là que les cas ont commencé à apparaître», a souligné Samuel Roger Kamba.

Le premier signalement officiel est intervenu le 5 mai, d’abord via les réseaux sociaux, avant que les équipes sanitaires ne prennent le relais. «Trois jours plus tard, nos équipes avaient déjà effectué le signalement officiel. Les échantillons ont été prélevés», a défendu le ministre de la santé dans son intervention.

Les premières analyses n’ont pas révélé la souche Zaïre, habituellement recherchée. Les prélèvements ont ensuite été envoyés à l’Institut national de recherche biomédicale (INRB) à Kinshasa, qui a confirmé une autre souche seulement deux jours avant la conférence de presse, a-t-il poursuivi. «Donc, je ne sais pas pourquoi vous dites Qu’est-ce qui n’a pas fonctionné», a rétorqué le ministre. 

Il a invoqué les standards internationaux de réponse, citant la règle dite du «7-1-7» : alerte dans les sept jours, intervention immédiate et diagnostic rapide. «Et c’est ce qui a été fait», d'après ses affirmations. Samuel Roger Kamba a assuré que des moyens logistiques et aériens avaient déjà été déployés. «Entre le 8 mai et demain le 17 mai, des avions sont déjà déployés. Cela représente moins de neuf jours», a-t-il renchéri. 

Un jour avant cette communication officielle, le Dr Jean Kaseya, directeur général des Africa CDC, avait alerté sur le risque élevé de propagation régionale. Une réunion d’urgence est prévue avec les autorités sanitaires de la RDC, de l’Ouganda et du Soudan du Sud, ainsi que des partenaires internationaux comme l’OMS et l’UNICEF. Les efforts porteront sur le renforcement de la surveillance, des capacités de laboratoire, du contrôle des infections et de la coordination transfrontalière.

Cette flambée survient dans un contexte humanitaire déjà fragile. L’Ituri est marqué par des violences persistantes attribuées aux rebelles des ADF et à plusieurs groupes armés locaux, dont la CODECO et la CRP de Thomas Lubanga. Ces affrontements provoquent des déplacements massifs de populations, compliquant la riposte sanitaire.

Nicolas L.