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| Hon. Raymond Tchedya & Hon. Tibasima Mbogemu |
Il est curieux de constater qu’en province de l’Ituri, l’actualité s’emballe, souvent sans vérification, parfois avec la seule intention de nuire. Dernier épisode en date, les honorables Tibasima Mbogemu Ateenyi et Raymond Tchedya Patay, accusés par le lieutenant Jules Ngongo, porte-parole des FARDC en Ituri, d’avoir participé à une réunion à Kampala pour comploter contre le gouverneur militaire Johnny Luboya et la République.
Dans une mise au point transmise à notre rédaction, les deux anciens parlementaires parlent d’un «lynchage médiatique gratuit» et rejettent des accusations qu’ils jugent infondées.
«Les Honorables TIBASIMA MBOGEMU et RAYMOND TCHEDYA tiennent à rassurer la Plus Haute Autorité du Pays, le Parlement, le Gouvernement ainsi que leurs anciens collègues Sénateurs et Députés sans oublier toute la population de l’Ituri qu’ils ne planifient et ne s’adonnent nullement à des actes antipatriotiques», écrivent-ils dans un communiqué publié le 2 mai.
Pour eux, les propos de Jules Ngongo «sont un montage destiné à créer la diversion et à masquer ainsi les vrais défis d’ordre, notamment sécuritaire et humanitaire, auxquels est confrontée la province de l’Ituri».
La Radio RTFI, qui sert de tribune aux déclarations du porte-parole des FARDC en Ituri et conseiller du gouverneur militaire, est également mise en cause. Tibasima Mbogemu et Raymond Tchedya dénoncent «ses dérapages langagiers prémédités et répétitifs, qui frisent des délits», déjà signalés à l’Assemblée nationale.
Ici, ils dénoncent sans ambiguïté une «campagne médiatique (...) de diffamation, d’affirmations gratuites et d’imputations dommageables, qui porte atteinte à l’honneur et à la dignité de personnes de surcroît anciens hauts commissaires de l’État».
Mais au-delà de la polémique, c’est le rôle de la communication militaire qui interroge. En Ituri, elle ne se limite plus à informer sur les opérations ou à rassurer les populations. Elle serait devenue un instrument utilisé pour discréditer les voix critiques et détourner l’attention des échecs sécuritaires. La parole officielle, censée incarner l’unité, se serait transformée en arme politique, alimentant la suspicion.
Qu’à cela ne tienne, les deux anciens parlementaires, sans se laisser entraîner dans ces jeux dangereux, insistent sur l’urgence de restaurer la paix. «La Province de l’Ituri a grandement besoin de la paix. Toute personne éprise de paix et de bonne volonté est appelée à apporter sa contribution, si modeste soit-elle, à la recherche des solutions au drame dont sont victimes les populations dans cette contrée», rappellent-ils.
Et donc, sans aller par le dos de la cuillère, «réfléchir et proposer, à l’attention des autorités qualifiées, des contributions susceptibles de constituer des pistes aux fins de relever ces défis, ne constitue en rien une rébellion, ni des actes contraires aux intérêts de notre Pays, ni une atteinte à l’intégrité physique d’une quelconque personnalité», ont souligné les honorables Tibasima Mbogemu Ateenyi et Raymond Tchedya Patay dans leur mise au point.
G.A.
