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RDC : la Société Civile Forces Vives (SCFV-RDC) dénonce une manœuvre «périlleuse» autour du référendum

Me Jean-Bosco LALO, 1er Vice-président et porte-parole de la SCFV-RDC 

Le débat sur la révision/changement de la constitutionnelle refait surface en République démocratique du Congo. Jeudi 30 avril, les députés ont déclaré recevable la proposition de loi sur l’organisation du référendum, portée par le député national Paul-Gaspard Ngondankoy. Une décision qui a immédiatement suscité la réaction de la Société Civile Forces Vives de la RDC (SCFV-RDC).

Dans son communiqué de presse de ce vendredi 1er mai, le Bureau de coordination nationale de la SCFV-RDC dit avoir appris «avec émoi» cette initiative et met en garde contre les conséquences d’un tel projet. «Ce constat interpelle les Congolais à prendre cette problématique avec le plus grand sérieux et à ne rien négliger», insiste la société civile.

La Constitution de 2006 fixe des garde-fous clairs, indique le communiqué. L’article 218 définit la procédure, les articles 219 et 220 verrouillent les matières non révisables, lit-on dans le même document. La forme républicaine de l’État, la durée des mandats présidentiels et l’indépendance de la justice ne peuvent être modifiées, table la Société Civile Forces Vives.

Pourtant, certains discours au sein de l’Union sacrée laissent planer l’idée d’un passage en force, fait-elle observer. Pour la SCFV-RDC, «il serait coupable de rester spectateur face au risque d’effondrement de notre maison commune, la RDC».

Le contexte sécuritaire rend la démarche encore plus explosive, note la SCFV-RDC, rappellant qu'une partie du territoire est occupée par la rébellion AFC/M23 et d’autres groupes armés. Dans ces conditions, la société civile juge «périlleux» d’envisager une révision ou un changement de la Loi fondamentale. «Une telle initiative pourrait conduire à une fragmentation du pays», avertit-elle.

Tout constat fait, la SCFV-RDC appelle les députés à la prudence et exhorte les membres de l’Union sacrée à «privilégier des initiatives qui renforcent l’unité nationale plutôt que celles qui divisent et fragilisent davantage la cohésion», avant de souligner que «la question d’un éventuel recours au référendum pour modifier la Constitution de 2006 divise profondément l’opinion nationale».

«Il est dangereux de tenter de mesurer la profondeur de l’eau avec le doigt», conclut le communiqué parvenu à notre Rédaction. 

La Rédaction