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COOPÉRATION : l’Ouganda et la RDC privilégient la stabilité et la croissance, laissant Thomas Lubanga hors-jeu

Les présidents congolais Félix Tshisekedi et son homologue ougandaise Yoweri Museveni (main dans la main) - Thomas Lubanga, le chef rebelle de la RCP

À Kampala, Félix Tshisekedi et Yoweri Museveni signent des accords qui redessinent la carte des relations régionales. Commerce, technologies de l’information, tourisme, coopération militaire, tout est pensé pour accélérer l’intégration économique et doubler les échanges commerciaux, aujourd’hui évalués à 800 millions de dollars. Dans ce décor, Thomas Lubanga n’est qu’une ombre qui se ridiculise sur X.

Le chef rebelle de l’Ituri croit encore que ses sarcasmes sur X peuvent troubler le jeu. Il ironise sur la présence massive de la délégation congolaise en Ouganda, mais ses mots n’ont plus de poids.

La publication sur X de Thomas Lubanga 

La politique régionale s’écrit désormais dans les salles de négociation, pas dans les communiqués d’un homme usé, un rebelle vieillissant. Museveni et Tshisekedi savent que l’avenir se joue dans la stabilité et la prospérité partagée, pas dans la survie artificielle d’une rébellion aux allures communautaires.

Thomas Lubanga s’est enfermé dans une stratégie dépassée, celle de communautariser sa lutte en exploitant les souffrances des déplacés de l’Ituri. Mais les populations, marquées par les massacres de 1999 à 2003, refusent de se laisser instrumentaliser.

Conséquence, sa rébellion n’a pas pris racine, elle s’est effondrée faute de soutien. Dans une sous-région où les enjeux de développement et de sécurité sont cruciaux, plus rien ne trompe : Thomas Lubanga est devenu inutile.

L’Ouganda, longtemps accusé de jouer avec les rébellions congolaises, comprend qu’il est plus rentable de bâtir une coopération directe avec Kinshasa. Les accords signés à Kampala sont un signal fort, rappellant que l’ère des pions rebelles est révolue. Thomas Lubanga, qui se croit encore indispensable, est déjà relégué au rang de figurant.

L’histoire pourrait se répéter. Comme en 2006, lorsqu’il avait été cueilli au Grand Hôtel de Kinshasa pour être livré à la CPI, le vieux rebelle et grand-père pourrait demain être arrêté à Kampala et extradé vers Kinshasa. À près de 70 ans, il risque de finir ses jours derrière les murs de Makala ou de Ndolo.

Félix Tshisekedi, félin silencieux et aujourd’hui chouchou des Américains que Museveni ne peut se permettre de déstabiliser au risque de subir des pressions comme Paul Kagame et son régime, avance masqué. Il laisse croire qu’il est inoffensif avant de capturer sa proie.

L’expérience de Joseph Kabila sous sanction américaine illustre la force de Kinshasa et la complexité des rapports de force dans l’Est de la RDC. Corneille Nangaa, appuyé par Kigali, se heurte à des revers dans le Grand Kivu, contraint de céder du terrain.

Face à lui, Thomas Lubanga apparaît insignifiant. L’Ouganda, engagé dans un rapprochement officiel avec Kinshasa, n’a aucun intérêt à réchauffer une rébellion qui fragiliserait la stabilité de l’Est du Congo, où les Américains ont désormais des intérêts économiques à protéger à travers l’accord de Washington signé avec la RDC. 

La géopolitique régionale ne laisse plus de place aux illusions, ce qu’ignore Thomas Lubanga qui se croit encore aux années 1999. La RDC et l’Ouganda accélèrent leur rapprochement, portés par des intérêts économiques et sécuritaires de grande envergure, ce qui désavantage la rébellion de Thomas Lubanga. 

Dans ce nouvel ordre, le chef rebelle de la CRP est déjà dépassé. Dommage qu’il soit plus rebelle que politique, ce qui l’empêche de saisir les contours des enjeux, le contexte et le temps. Sa rébellion n’a plus de place, son avenir est scellé s'il ne dépose pas les armes. Il faut dire que la politique n’a pas d’âme. En Ouganda, Thomas Lubanga serait désormais comme dans une prison à ciel ouvert, sans s’en rendre compte, enfin, jusque-là.

NE.