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| Photo d'illustration |
La prise en charge des cas suspects d’Ebola en province de l’Ituri suscite de vives inquiétudes. Une professionnelle de santé ayant requis l’anonymat a contacté notre Rédaction ce mardi 16 juin 2026 depuis Bunia pour dénoncer ce qu’elle décrit comme de graves insuffisances dans la gestion des patients présentant des symptômes compatibles avec la maladie.
Selon cette soignante, l’un des cas les plus préoccupants concerne un nourrisson de six mois provenant d’un orphelinat, dont elle-même a participé à la prise en charge.
«Nous avons transféré un malade, un enfant de six mois venant d’un orphelinat, vers Samaritan’s Purse avant 12 heures. Il présente tous les signes possibles d’Ebola, mais jusqu’à présent (15 heures), sa prise en charge n’est toujours pas assurée», affirme-t-elle.
La soignante explique que l’enfant avait auparavant été référé à l'hôpital CME, où les examens avaient conclu à un résultat négatif, selon CME.
«Le malade que nous avons envoyé chez Samaritan’s Purse est celui que nous avions déjà transféré au CME. Là-bas, on nous avait confirmé qu’il était négatif. Après sa sortie du CME, il est revenu chez nous pour poursuivre les soins. Par la suite, il a commencé à présenter des signes évocateurs d’Ebola, notamment des saignements. Nous avons alors été contraints de le transférer vers un autre établissement, en l’occurrence Samaritan’s Purse. À notre arrivée, il nous a été dit qu’ils ne seraient pas en mesure de prendre le malade en charge parce que le gouvernement congolais les empêche de prendre en charge des malades sans leur signe», rapporte-t-elle sous couvert d’anonymat.
Sur place, la professionnelle de santé affirme avoir constaté la présence de plusieurs autres patients en attente de soins.
«Lorsque nous sommes arrivés, nous avons trouvé d’autres malades qui erraient sur place, dans un état extrêmement préoccupant. La situation est compliquée», alerte-t-elle.
La soignante évoque également des scènes similaires aux abords de l’ISTM-Nyakunde.
«D’autres malades se trouvent devant l’ISTM-Nyakunde. Certains présentent des saignements et ne bénéficient d’aucune prise en charge adéquate. Le personnel soignant ne sait plus quoi faire. Des gens meurent faute de soins. À l’heure actuelle, plus de dix personnes seraient devant l’établissement sans qu’aucune assistance médicale ne leur soit apportée. Si ces personnes retournent dans leurs communautés, le risque de propagation sera encore plus important», prévient-elle.
La soignante appelle les autorités compétentes à intervenir rapidement et invite les médias à vérifier la situation sur le terrain, tout en respectant les mesures de protection nécessaires.
La professionnelle de santé affirme également avoir participé à la prise en charge d’autres cas inquiétants, appuyant sa détresse. «Une mère venue de Barrière avec son enfant se trouve également sur place. Elle se contente d’appliquer de l’alcool sur l’enfant. J’ai moi-même assisté à cette situation. Chaque jour, nous rencontrons des cas inhabituels», témoigne-t-elle.
Selon ses témoignages, les structures sanitaires privées sont particulièrement exposées à cette situation, notamment en raison du manque d’équipements de protection.
«Nous devons assurer notre propre protection avec les moyens du bord. Dans de telles conditions, comment espérer mettre fin à la maladie ?», s’interroge-t-elle.
La Rédaction
