CONSTITUTION - AGRESSION - DIALOGUE : qualifiant Sauvons la RDC, C64 et l’AFC/M23 de «commissionnaires de Kagame», le Sénateur Samy Adubango appelle les Congolais à soutenir Tshisekedi jusqu’à mettre fin à l’influence rwandaise

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CONSTITUTION - AGRESSION - DIALOGUE : qualifiant Sauvons la RDC, C64 et l’AFC/M23 de «commissionnaires de Kagame», le Sénateur Samy Adubango appelle les Congolais à soutenir Tshisekedi jusqu’à mettre fin à l’influence rwandaise

Le sénateur Samy Adubango, vice-ministre honoraire de la Défense, s’est exprimé sans détour devant le Parlement des étudiants ce jeudi à Kinshasa. Il a livré une analyse approfondie sur le débat autour du changement de la Constitution, qu’il considère comme une étape normale dans la vie démocratique de la République démocratique du Congo, avant de conclure sur la question de l’agression et du dialogue évoquée dans le débat.

Pour Samy Adubango, «l’histoire démontre qu’aucune Constitution n’est figée. Partout dans le monde, les Constitutions évoluent pour répondre aux transformations politiques, économiques, sociales et sécuritaires des États», a-t-il précisé.

L’élu de l’Ituri a laissé entendre que la RDC ne saurait se soustraire de cette réalité aujourd’hui, estimant que cette réforme représente «une opportunité d’adapter les institutions aux défis contemporains», dans un contexte où les réalités qui ont justifié son adoption ont profondément évolué.

Très clair dans son intervention, Samy Adubango a rappelé que «la Constitution actuellement en vigueur a été adoptée en 2006, dans un contexte particulier, celui de la sortie des guerres, de la réunification du pays et de la transition démocratique. Son objectif principal était de rétablir la paix, de partager le pouvoir entre les différentes composantes politiques et de reconstruire les institutions de la République».


Mais malheureusement, près de vingt ans plus tard, la RDC fait face à de nouveaux défis, a-t-il poursuivi. «La guerre continue de déstabiliser l’Est du pays, les attentes de la population en matière de gouvernance sont de plus en plus fortes, et les citoyens réclament des institutions plus efficaces, capables de répondre rapidement aux urgences sécuritaires, économiques et sociales», a affirmé l’honorable Samy Adubango.

Dès lors, le Vice-ministre honoraire de la Défense et notable de l’Ituri a insisté sur le fait que «la véritable question n’est pas simplement de savoir s’il faut changer ou non la Constitution. La véritable interrogation est de savoir si notre architecture institutionnelle actuelle répond encore efficacement aux exigences de la paix, de la sécurité, du développement et de la bonne gouvernance».

Et donc, pour lui, il est nécessaire que la RDC se dote d’une Constitution purement congolaise, renforçant la clarté des règles constitutionnelles afin de prévenir notamment les crises d’interprétation des textes, car celle de 2006 avait été rédigée par des «belligérants» dans un contexte post-conflits avec «une forte influence internationale».


Cette Constitution ne répond pas clairement aux aspirations du peuple congolais, avec des dispositions, par exemple, qui donnent lieu à des interprétations divergentes entraînant des conflits institutionnels, la lourdeur de certaines procédures décisionnelles, les blocages dans la formation et le fonctionnement du Gouvernement et les tensions liées à la répartition des compétences entre le Président de la République, le Gouvernement et le Parlement, a avancé Samy Adubango.

Du haut de sa conviction et de son engagement politique, cet élu de l’Ituri rejette toute tentative de diaboliser le débat constitutionnel. «Les débats constitutionnels ne sont pas seulement propres à la RDC. Plusieurs États ont réformé leurs Constitutions afin d’adapter leurs institutions à de nouvelles réalités», a-t-il renchéri, attirant l’attention de la population congolaise sur les agitations de la Coalition C64, Sauvons la RDC de Joseph Kabila et l’AFC/M23 avec Corneille Nangaa, qu’il qualifie de «commissionnaires de Paul Kagame».


Face à ceux qui évoquent le contexte d’agression durant ce moment, Samy Adubango persiste sur le fait que le Président de la République Félix Tshisekedi doit rester au pouvoir jusqu’à ce qu’il mette fin à l’influence de Paul Kagame sur notre pays et lui donner l’avantage sur l’échiquier international.

«Sans Félix Tshisekedi, la RDC va disparaitre», a-t-il indiqué, rappellant l'engagement du Chef de l'État dès son arrivée au pouvoir pour mettre fin à la guerre dans l’Est, et que les résultats commencent à prendre corps sur le terrain, notamment avec l’accord de Washington opposé à l’agression rwandaise.

Par ailleurs, Samy Adubango n’a pas hésité à mettre en cause certains notables et responsables politiques de l’Est, qu’il accuse d’alimenter les guerres dans la partie orientale du pays, comme en Ituri avec Thomas Lubanga. Fort de ce constat, il considère que Félix Tshisekedi est «l’homme idéal pour la paix en RDC», et qu’il doit disposer du temps nécessaire pour conclure la bataille qu’il a engagée contre les ennemis de la République.

Répondant à la question du dialogue, Samy Adubango est catégorique. «Le président Félix Tshisekedi n’a jamais refusé le dialogue», a-t-il dit. Il a rappelé que la RDC a déjà connu plusieurs dialogues sans suite durable. Le président de la République ne refuse pas le dialogue mais il cherche à définir le contexte de ce dialogue, a-t-il lancé. 

Pour Samy Adubango, le dialogue ne peut pas servir de tremplin à ceux qui alimentent la violence. L'on ne peut pas simplement accepter le dialogue avec ceux qui tuent expressément les Congolais en espérant se retrouver au pouvoir derrière ces dialogues, a-t-il martelé, en mettant notamment en garde certains notables et politiciens de l'Est du pays.

Ci-dessous, un extrait de l'intervention du Sénateur Samy Adubango au Parlement des Étudiants :

Germain Aboki