Pour la Société Civile du Congo (SOCICO), Mahagi demeure insuffisamment pris en compte dans la stratégie provinciale de riposte contre Ebola. Elle fait valoir que la proximité géographique avec Mongwalu, épicentre de l'épidémie relié au territoire par la RN27, expose davantage la population de Mahagi à un risque de propagation du virus.
Dans une alerte transmise à NouvelEchoRdc ce samedi, elle affirme qu'aucun dispositif sanitaire ni intrants de prévention n'ont jusque-là été déployés à Mahagi. Une situation que la SOCICO/Mahagi juge dangereuse au regard de la position géographique du territoire et des mouvements permanents de populations en provenance des zones affectées.
L'organisation de la société civile dénonce également ce qu'elle considère comme une répartition partielle et inéquitable des matériels de riposte contre Ebola à travers la province. Selon son coordonnateur territorial, Nestor Mungujakisa, les autorités sanitaires semblent ignorer les signaux de risque pourtant visibles sur le terrain.
«Quel sort la Division provinciale de la santé réserve-t-elle au territoire de Mahagi ?», s'interroge l'organisation.
Pour la société civile, Mahagi devrait figurer parmi les priorités de la riposte. Elle rappelle que ce territoire entretient d'importants échanges avec Bunia et se trouve à proximité de zones déjà affectées, notamment à travers la Route nationale 27. Cette route, estime Nestor Mungujakisa, pourrait devenir un important vecteur de propagation de la maladie vers Mahagi si des mesures préventives renforcées ne sont pas prises rapidement.
Plusieurs axes routiers sont particulièrement pointés du doigt, notamment Kandoy-Berunda-Djalasiga, Ang'ahal II-Kandoy ainsi que Bunia-Aru via Ngote et Djalasiga.
La SOCICO affirme que sur les sept zones de santé que compte le territoire de Mahagi, près de cinq sont déjà concernées ou exposées à la maladie à virus Ebola. Elle considère dès lors que le territoire est aujourd'hui en première ligne face à la menace épidémique.
L'organisation s'inquiète également du choix des autorités sanitaires de privilégier l'installation d'une antenne PEV à Aru. Elle estime que Mahagi aurait dû bénéficier d'une attention prioritaire au regard de son exposition actuelle à la menace épidémique.
«La DPS attend-elle que Mahagi enregistre davantage de cas avant de prendre les mesures nécessaires ?», s'interroge encore la société civile.
Pour Nestor Mungujakisa, les difficultés d'accès aux matériels de riposte et de prévention pour les structures sanitaires locales constituent un autre motif de préoccupation. Il laisse entendre que les professionnels de santé dans plusieurs coins de l'Ituri ne disposent pas toujours des moyens adéquats pour faire face à une éventuelle amplification de l'épidémie.
Et alors, la SOCICO réclame des explications sur la gestion des équipements destinés à la riposte contre Ebola. Elle rappelle que plusieurs tonnes de matériels ont été acheminées à Bunia avec l'appui de l'Organisation mondiale de la santé. Mais curieusement, ces équipements restent peu visibles dans plusieurs zones exposées de l'Ituri, alerte Nestor Mungujakisa.
Face à ce que la SOCICO/Mahagi considère comme un danger imminent, elle appelle la Division provinciale de la santé à renforcer immédiatement les mesures de prévention à Mahagi. Elle demande également une régulation plus stricte des déplacements entre les zones touchées et celles encore épargnées afin de limiter les risques de propagation.
En attendant une réponse des autorités sanitaires, la SOCICO invite la population à respecter les recommandations des professionnels de santé et à éviter les mouvements de corps sans vie, une pratique régulièrement identifiée comme un facteur de transmission lors des épidémies d'Ebola.
La Rédaction
