Les chiffres impressionnent. Depuis le début de l'épidémie d'Ebola dans l'est de la République démocratique du Congo, des millions de dollars ont été promis par les bailleurs internationaux pour soutenir les opérations de riposte. Pourtant, sur le terrain en Ituri, ces ressources demeurent largement invisibles.
Derrière les promesses rassurantes et les déclarations de solidarité, la réalité est celle d'une lutte menée dans la précarité, avec des équipes sanitaires contraintes d'affronter l'une des épidémies les plus meurtrières avec des moyens manifestement insuffisants.
L'écart entre les promesses et la réalité soulève une question de plus en plus difficile à ignorer. Où se trouvent réellement les financements annoncés avec autant d'insistance par les organisations internationales et l'ensemble de la communauté internationale ?
Alors que les populations continuent de vivre sous la menace du virus, les agents de santé, eux, restent confrontés à des pénuries persistantes, à des difficultés logistiques et à des conditions de travail qui ne reflètent en rien l'ampleur des sommes censées avoir été mobilisées.
La situation est d'autant plus préoccupante que ceux qui portent la riposte au quotidien paient un prix extrêmement élevé. Au moins six professionnels de santé ont perdu la vie depuis le début de l'épidémie, a reconnu le ministre de la Santé publique lors de son passage en Ituri.
Ces décès ne constituent pas seulement un bilan tragique. Ils témoignent aussi des failles d'un dispositif qui peine à garantir la sécurité de ses propres intervenants. Lorsqu'une réponse sanitaire perd ses soignants, c'est toute la crédibilité du système qui est mise en cause.
Certes, les autorités et les partenaires évoquent régulièrement des contraintes sécuritaires, administratives ou logistiques pour justifier les lenteurs observées. Mais ces explications ne suffisent plus à masquer une évidence. Malgré les millions annoncés, les résultats visibles restent dérisoires au regard de l'urgence.
Depuis le 15 mai, date à laquelle le ministère de la Santé a déclaré l'épidémie, la situation ne semble guère avoir évolué. Le virus continue de progresser et des populations continuent de mourir, notamment à Mongwalu, dans le territoire de Djugu, alors même que la riposte est censée inverser la courbe de la propagation.
L'aéroport de Bunia, rouvert il y a quelques jours seulement, a été contraint de suspendre temporairement ses vols commerciaux. Un signal préoccupant qui confirme l'ampleur des perturbations engendrées par cette nouvelle flambée épidémique.
Malgré les millions de dollars promis par les partenaires internationaux, malgré les tonnes d'équipements annoncées à Bunia et les engagements répétés des autorités, l'impact réel de la riposte demeure difficile à percevoir sur le terrain. À mesure que les contaminations se poursuivent et que le bilan humain s'alourdit, le décalage entre les annonces officielles et la réalité vécue par les populations apparaît de plus en plus frappant.
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