Après cinq années passées à la tête de la province sous état de siège, le lieutenant-général Johnny Luboya a livré ce jeudi ce qui pourrait être son dernier discours officiel en tant que gouverneur militaire de l'Ituri. S'il affirme quitter ses fonctions sans regret, ses mots et son attitude ont laissé transparaître une émotion difficile à dissimuler.
Devant les autorités civiles et militaires réunies lors d'une activité à Bunia, l'officier supérieur a évoqué avec émotion visiblement contenue la fin de son leadership marqué par de nombreux défis sécuritaires. «Aujourd'hui, si je ne m'abuse, je crois que c'est le dernier discours que je suis en train de faire», a-t-il déclaré, conscient que son départ est désormais imminent.
Johnny Luboya a rappelé les années passées aux côtés de la population iturienne dans un contexte souvent difficile. «Cinq ans qu'on a vécu dans de sérieuses difficultés», a-t-il souligné, revenant sur une période marquée par l'insécurité persistante et les efforts engagés pour tenter de restaurer la paix dans les différents territoires de la province.
L'ancien gouverneur militaire a également rappelé qu'il avait toujours affirmé être prêt à quitter ses fonctions dès que les autorités compétentes en prendraient la décision. Cette décision est finalement arrivée. Pourtant, à l'heure des adieux, l'émotion semble palpable.
«Je tiens aussi à saluer le peuple iturien, la population iturienne qui va vraiment me manquer parce que cela faisait cinq ans qu'on vivait ensemble», a-t-il déclaré devant une assistance attentive.
Ces paroles ont donné à cette cérémonie un caractère particulièrement personnel. Derrière l'affirmation d'un départ sans regret, l'on peut percevoir la difficulté pour l'officier de se détacher d'une province qu'il a administrée durant les cinq dernières années.
Arrivé en Ituri dans le cadre de l'état de siège instauré en 2021, Johnny Luboya aura incarné pendant cinq ans l'autorité militaire dans une province confrontée à des violences récurrentes. Son remplacement marque la fin de son règne et ouvre une nouvelle séquence dont la population attend désormais les orientations du nouveau gouverneur militaire, le général-major Gaby Kasongo Mulumba, vivement attendu.
Avant de complètement quitter la scène, l’ex-gouverneur militaire tente de conserver le ton détaché qui a souvent caractérisé ses interventions publiques. Mais ses probables derniers mots adressés, ce jeudi, aux Ituriens ont laissé l’impression d’une séparation difficile entre un dirigeant, un peuple et une province avec laquelle il avait fini par tisser un lien particulier.
NE.
