Les restrictions imposées à certains responsables sanitaires dans leur communication avec les médias risquent de favoriser la propagation des rumeurs sur la maladie à virus Ebola en Ituri. C’est l’inquiétude exprimée par le journaliste Rachidi Kudra de la Radio Télévision Communautaire de l’Université de Bunia (RTCU), engagé depuis plusieurs mois dans la couverture de l’épidémie.
Selon lui, l’accès à l’information officielle demeure l’un des principaux défis rencontrés par les journalistes sur le terrain. Dans plusieurs structures sanitaires touchées par Ebola, des médecins chefs de zone et responsables d’hôpitaux refusent ou ne sont pas autorisés à répondre aux questions des médias.
«Lorsque nous arrivons dans les centres de traitement ou dans les zones affectées pour recueillir des informations, certains responsables nous disent qu’ils n’ont pas l’autorisation de parler à la presse», déplore-t-il.
Pour Rachidi Kudra, cette situation intervient alors que la province fait face à une forte circulation de fausses informations autour de la maladie. Il cite notamment les nombreuses rumeurs relayées dans les communautés et sur les réseaux sociaux, mettant en doute l’existence même d’Ebola ou accusant les équipes de riposte de tirer profit de l’épidémie.
Le journaliste estime que le silence imposé à certains acteurs sanitaires fragilise les efforts de sensibilisation et laisse le champ libre à l’infodémie.
«Au-delà de la maladie, il y a aussi la guerre contre les fausses informations. Lorsque les sources officielles ne s’expriment pas, les rumeurs prennent de l’ampleur et la population reste dans la confusion», explique-t-il.
Présent dans plusieurs foyers de l’épidémie, notamment à Wampara, Nizi et Mongbwalu, Rachidi Kudra souligne que les médias jouent un rôle essentiel dans la transmission d’informations fiables aux communautés. Il estime que les journalistes doivent pouvoir accéder plus facilement aux informations sanitaires afin de contribuer efficacement à la lutte contre la désinformation.
Tout en reconnaissant les risques sécuritaires et sanitaires liés à leur travail, il appelle les autorités et les responsables de la riposte à renforcer leur collaboration avec les médias.
Pour lui, une communication plus ouverte et régulière entre les structures sanitaires et la presse constitue un levier important pour restaurer la confiance des populations et renforcer l’adhésion aux mesures de prévention contre Ebola.
