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ITURI : quatre morts dans de nouvelles violences attribuées à la CODECO, la CRP également mise en cause

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Vue des membres du groupe armé CODECO dans le territoire de Djugu, encadrant leur chef Bassa Zupka en uniforme vert.

Alors que les autorités sanitaires poursuivent leurs efforts pour contenir une nouvelle flambée d’Ebola dans la province de l’Ituri, l’insécurité continue de faire des victimes dans plusieurs localités de cette région de l’est de la République démocratique du Congo.

Jeudi 4 juin, au moins quatre personnes ont perdu la vie lors de violences distinctes attribuées à des groupes armés actifs dans le territoire de Djugu, selon des sources sécuritaires et locales.

L’incident le plus meurtrier s’est produit dans le village de Tchelo, où un milicien de la Coopérative pour le développement du Congo (CODECO) a ouvert le feu sur des habitants réunis pour une cérémonie funéraire. D’après plusieurs sources locales, trois personnes ont été tuées sur place et plusieurs autres blessées.

Selon les mêmes sources, l’auteur présumé de la fusillade a ensuite été abattu par ses propres compagnons dans des circonstances qui restent à éclaircir.

Quelques jours auparavant, des combattants de la Convention pour la révolution populaire (CRP) de Thomas Lubanga avaient lancé une attaque contre une position des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) à Iga-Barrière, à environ vingt kilomètres au nord de Bunia. Les affrontements ont fait deux blessés parmi les militaires congolais, selon des responsables sécuritaires.

Dans le même temps, l’armée affirme avoir réalisé une importante saisie d’armes au début de la semaine près de Nizi. Les FARDC indiquent avoir découvert une cache attribuée à la CRP contenant huit fusils d’assaut AK-47, une mitrailleuse légère ainsi qu’une quantité importante de munitions.

Ces nouveaux incidents mettent en exergue les défis sécuritaires persistants auxquels fait face l’Ituri, malgré les opérations militaires en cours et les initiatives de dialogue engagées avec certains groupes armés.

Face à la dégradation de la situation, plusieurs voix locales appellent le gouvernement congolais à poursuivre les opérations visant à neutraliser et désarmer totalement les groupes armés tout en renforçant la protection des populations civiles.

Ils exhortent également les responsables de la CODECO à respecter les engagements pris lors du processus de dialogue d’Aru II. De leur côté, des responsables locaux demandent à la CRP de se conformer au cessez-le-feu annoncé par son chef, Thomas Lubanga, estimant qu’une application effective de ces engagements pourrait contribuer à restaurer durablement la paix dans cette province meurtrie par des années de conflits.

La persistance des violences intervient alors que les autorités sanitaires et leurs partenaires sont mobilisés pour contenir l’épidémie d’Ebola, ajoutant une pression supplémentaire sur des communautés déjà fragilisées par l’insécurité et les déplacements de population.

Germain Aboki