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| Une vue des responsables provinciaux de la Société Civile Forces Vives de la RDC |
Le Bureau national de la Société Civile Forces Vives de la République démocratique du Congo (SCFV-RDC) a officiellement saisi le Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC) pour dénoncer ce qu’il considère comme «de graves dérives médiatiques» du lieutenant Jules Ngongo, porte-parole des FARDC en Ituri et Conseiller en communication du gouverneur militaire sortant.
Dans une lettre ouverte adressée au président du CSAC le 10 juin, l’organisation accuse l'officier militaire d'avoir transformé la Radio-Télévision FARDC/Ituri (RTFI) en un «instrument de propagande» diffusant des messages qui «ont accentué les divisions au lieu de renforcer la cohésion sociale entre les différentes communautés vivant en Ituri».
Pour la société civile, la radio s'est progressivement éloignée de sa mission d'intérêt public pour devenir un outil de communication au service exclusif des autorités militaires.
«Il sied de rappeler que cette Radio était jadis une radio communautaire destinée au territoire de Djugu, détournée de sa mission initiale pour devenir une radio des FARDC», affirme la SCFV-RDC.
sans détour, elle estime que les interventions répétées du lieutenant Jules Ngongo sur les antennes de la RTFI contribuent à alimenter les tensions dans une province déjà fragilisée par plusieurs années de violences.
«À chacun de ses passages sur les antennes de la RTFI, l’impression est celle d’une radio qui sème la division, rappelant tristement l’expérience de la Radio des Mille Collines du Rwanda», écrit la société civile, qui juge la situation «grave» et nécessitant une intervention urgente du régulateur des médias.
«Des messages susceptibles d’alimenter les tensions»
Selon la SCFV-RDC, de nombreux acteurs sociaux et communautaires s'inquiètent de la nature des contenus diffusés par la station.
«Les communications diffusées sur les antennes de la RTFI s’éloignent progressivement de leur mission d’information et de sensibilisation au profit de messages susceptibles d’alimenter les tensions, les incompréhensions et les clivages au sein des communautés de la province», souligne la lettre adressée au CSAC.
La société civile accuse également la radio de contribuer à la marginalisation des voix critiques et de servir de tribune à des discours jugés intimidants à l'égard de certaines personnalités publiques.
Elle affirme que plusieurs interventions du lieutenant Ngongo «ont été perçues comme comportant des propos intimidants ou stigmatisants» visant des élus, des leaders communautaires, des acteurs de la société civile ainsi que des citoyens exprimant des opinions divergentes sur la gestion de la crise sécuritaire.
La polémique autour des massacres de Pimbo-B’assa
Parmi les griefs formulés figure également la couverture médiatique des violences ayant frappé la région de Pimbo-B’assa. La SCFV-RDC accuse directement la radio militaire d'avoir minimisé, voire nié, l'ampleur des massacres.
«Tout récemment, cette Radio a nié sciemment les attaques ayant coûté la vie à des centaines de personnes dans la région de Pimbo-B’assa, où beaucoup de corps n’ont pas été mis en terre depuis le 28 avril 2026», affirme l'organisation dans son document.
Cette accusation figure parmi les éléments que la société civile souhaite voir examinés par le CSAC dans le cadre d'une éventuelle enquête.
Le rappel de l’avertissement lancé par Vital Kamerhe
Pour démontrer que les critiques visant le lieutenant Jules Ngongo ne sont pas récentes, la société civile rappelle une déclaration prononcée le 7 octobre 2024 par Vital Kamerhe, alors président de l’Assemblée nationale.
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| Le lieutenant Jules Ngongo |
«Du haut de cette tribune, nous allons nous adresser au Gouverneur militaire de l’Ituri. Il doit punir le Lieutenant Jules NGONGO qui a effectivement insulté certains députés, sinon l’auditorat militaire va s’en saisir ou bien l’Assemblée nationale. Il doit mettre immédiatement fin à cette radio de propagande», avait déclaré le responsable politique devant les députés nationaux.
Cependant, la SCFV-RDC regrette qu'aucune mesure n'ait été prise à la suite de cette interpellation. «Plusieurs années après, force est de constater que, malgré les multiples interpellations de divers acteurs sociaux et politiques, les préoccupations soulevées demeurent d’actualité», souligne-t-elle, affirmant que le lieutenant Jules Ngongo «n’a jamais été sanctionné ni interpellé».
Appel à l’intervention du CSAC
Au regard de ces accusations, le Bureau national de la SCFV-RDC demande au CSAC d'examiner de manière approfondie les contenus diffusés sur les antennes de la RTFI ainsi que les déclarations publiques du porte-parole de l’état de siège.
«Nous sollicitons respectueusement l’ouverture d’un examen approfondi des contenus diffusés sur les antennes de la RTFI ainsi que des prises de parole publiques concernées, afin d’établir les responsabilités éventuelles et de prendre les mesures appropriées prévues par la loi», écrit-elle.
Pour la Société Civile Forces Vives de la RDC, une telle démarche permettrait de «prévenir les discours susceptibles d’exacerber les tensions communautaires» et de favoriser «un climat de dialogue, de paix et de cohésion sociale en Ituri».
La Rédaction

