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| Me Jean-Bosco LALO, coordonnateur national de la SCFV-RDC |
Alors que le débat autour de l'avenir de la Constitution refait surface en République démocratique du Congo, la Société Civile Forces Vives de la RDC (SCFV-RDC) a choisi de s'adresser à l'une des institutions religieuses les plus influentes du pays, l'Église catholique.
Dans une lettre ouverte rendue publique à Kinshasa ce 18 juin, la SCFV-RDC invite la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) à poursuivre son engagement en faveur de la défense de l'ordre constitutionnel et à contribuer au rassemblement des acteurs sociaux et politiques autour de ce qu'elle considère comme un enjeu majeur pour la stabilité nationale.
Cette démarche intervient dans un climat marqué par l'adoption de la loi sur le référendum par le Parlement. Si le texte doit encore être promulgué par le chef de l'État, plusieurs organisations politiques et de la société civile craignent déjà qu'il ne relance les débats sur une éventuelle révision ou changement de la Constitution.
Dans son adresse aux archevêques et évêques, la SCFV-RDC rappelle le rôle joué par la CENCO lors des précédentes séquences politiques sensibles. «Depuis 2015, la position de la Conférence épiscopale nationale du Congo sur l'intangibilité de l'article 220 de notre Constitution est restée constante, claire et prophétique», souligne la lettre.
Pour les Forces Vives, cette constance a contribué à préserver les équilibres démocratiques du pays à des moments où la question du respect de la Constitution suscitait de fortes tensions. «L'histoire retiendra que l'Église catholique de notre pays a su résister à la tentation du pouvoir à vie qui avait jadis menacé notre jeune démocratie», peut-on également lire dans le document parvenu à notre Rédaction.
Au-delà de cet hommage, la plateforme citoyenne formule plusieurs attentes. Elle demande notamment à l'Église de renforcer les initiatives de prière en faveur de la paix et de la préservation de la Constitution. Selon elle, la mobilisation spirituelle demeure un levier important pour sensibiliser la population congolaise aux enjeux actuels.
La SCFV-RDC souhaite également voir la CENCO jouer un rôle de rassembleur dans un contexte politique de plus en plus polarisé. Elle appelle les évêques à encourager les différentes sensibilités politiques et sociales à dépasser leurs divergences afin de défendre les principes constitutionnels considérés comme non négociables.
«Tous les acteurs politiques et sociaux épris de paix» devraient être encouragés à «parler d'une seule voix sur la question majeure du moment : la Constitution dont l'article 220 est intangible», affirme l'organisation.
Estimant que les inquiétudes gagnent plusieurs couches de la société, la plateforme évoque un besoin de vigilance collective. «Les Congolais sont à nouveau très inquiets», écrit-elle, tout en plaidant pour une action concertée face à ce qu'elle qualifie de risque commun.
La Rédaction
