Le général-major Gaby Kasongo entame son mandat à la tête de l’Ituri dans un environnement où chaque décision est observée avec attention. Les réactions enregistrées dans certains milieux communautaires et politiques rappellent l’importance, pour le nouveau gouverneur, d’instaurer rapidement un climat de confiance et de dialogue.
Les frustrations qui émergent au sein d’une partie de la communauté iturienne constituent un signal d’alerte auquel le général-major Gaby Kasongo devra prêter une attention particulière dès les premiers mois de son mandat.
Les premiers contacts établis avant son arrivée en Ituri, notamment avec certains ressortissants de la province vivant à Kinshasa, ont suscité des interrogations sur la manière dont il entend construire son approche de gouvernance.
Pour éviter de reproduire les tensions observées sous l’administration de son prédécesseur, le lieutenant-général Johnny Luboya, il devra veiller à instaurer un dialogue inclusif avec l’ensemble des composantes de la communauté iturienne.
Gaby Kasongo ne devrait pas se laisser tromper. La réussite de sa mission dépendra en grande partie de sa capacité à rassembler au-delà des clivages, à écouter les différentes sensibilités locales et à éviter les erreurs de gouvernance qui ont alimenté les critiques contre l’ancien exécutif provincial.
Il faut le rappeler. En Ituri, où les équilibres communautaires et sécuritaires restent particulièrement sensibles, toute perception d’exclusion ou de favoritisme pourrait rapidement fragiliser l'action du nouveau gouverneur militaire.
Le général-major Gaby Kasongo est donc attendu sur sa capacité à bâtir une gouvernance ouverte et participative, incluant les filles et fils originaires de la province. Les premiers choix posés seront déterminants pour asseoir son autorité et gagner la confiance d’une population qui attend des résultats concrets sur les plans sécuritaire, politique et social.
Germain Aboki
