L’épidémie de maladie à virus Ebola continue de s’aggraver dans la province de l’Ituri, dans le nord-est de la République démocratique du Congo, où les autorités coutumières tirent la sonnette d’alarme face à une progression rapide de la maladie. Dans le territoire de Djugu, épicentre de la flambée, des responsables locaux annoncent leur intention de décréter un état d’urgence sanitaire afin de renforcer le respect des mesures de prévention.
Lorsque le gouvernement congolais avait déclaré, le 15 mai 2026, la 17ᵉ épidémie d’Ebola dans le pays, seuls huit cas confirmés avaient été recensés. Deux mois plus tard, le bilan s’est considérablement alourdi, avec au moins 1 926 cas et 702 décès au 11 juillet, selon les chiffres communiqués par les autorités sanitaires.
La province de l’Ituri demeure le principal foyer de l’épidémie, en particulier le territoire de Djugu, où la cité minière de Mongwalu concentre une grande partie des contaminations. Dans plusieurs localités, la situation sanitaire atteint désormais un niveau critique, renseignent notamment la société civile.
L’aire de santé de l’Héritage, située à Lindji, dans le groupement de Limani, figure parmi les zones les plus durement touchées. Plus de deux cents personnes y ont déjà été inhumées après avoir succombé au virus, selon les autorités locales. Cette forte mortalité a entraîné une désorganisation du système de santé, avec la fermeture de neuf des douze postes de santé de la zone, faute de personnel et en raison de la pression exercée par l’épidémie.
Les autorités locales attribuent en grande partie cette propagation au non-respect des mesures de prévention. Elles dénoncent notamment la persistance de pratiques à haut risque, comme les contacts directs avec les personnes décédées, ainsi qu’une méfiance envers les équipes de riposte.
Réunis mardi 14 juillet, Gudza Kiza Justin, chef du secteur des Walendu Djatsi, et Kpari Tchumo Dieudonné, chef du secteur des Walendu Pitsi, ont lancé un appel conjoint à la population.
Gudza Kiza Justin a exhorté les habitants à cesser immédiatement tout contact avec les dépouilles des victimes et à collaborer pleinement avec les équipes sanitaires déployées sur le terrain. Il a également plaidé pour un renforcement durable des dispositifs de riposte afin d’interrompre les chaînes de transmission.
Son homologue, Kpari Tchumo Dieudonné, a estimé que la situation ne pouvait plus être tolérée. Il a déploré qu’une population déjà éprouvée par des années de conflits armés soit désormais confrontée à une crise sanitaire aggravée, selon lui, par le refus d’appliquer les règles élémentaires de prévention.
Face à l’ampleur de la crise, les deux responsables coutumiers annoncent leur volonté de décréter un état d’urgence sanitaire local. Cette mesure devrait permettre de renforcer les restrictions sanitaires, d’intensifier les opérations de sensibilisation et d’assurer une application plus stricte des protocoles de lutte contre Ebola dans les zones les plus affectées.
Les autorités coutumières espèrent que ces mesures contribueront à freiner la propagation du virus dans une région où les capacités sanitaires restent fortement limitées et où la confiance entre les communautés et les équipes médicales demeure un enjeu central de la riposte.
La Rédaction
