À Mongwalu, dans le nord-est de la RDC, l’épidémie d’Ebola continue de sévir. Mais un autre défi, moins visible et tout aussi redoutable, complique la lutte contre le virus. Le manque d’eau potable fragilise les efforts de prévention et expose des milliers de familles à des risques sanitaires accrus dans cette partie de la province de l'Ituri.
Chaque jour, des centaines de ménages parcourent de longues distances pour s’approvisionner. Les bornes-fontaines installées dans certains quartiers restent inaccessibles pour une partie de la population, faute de moyens financiers. Dans une cité où la pauvreté est endémique, l’eau devient un luxe, alors qu’elle devrait être un droit fondamental.
Sans eau salubre, le geste simple mais vital du lavage régulier des mains devient difficile. Pourtant, il s’agit de l’une des mesures les plus efficaces pour freiner la propagation d’Ebola. Dans le marché central de Mongwalu, les points de lavage sont rares et souvent à sec. Commerçants et clients se retrouvent exposés, dans un environnement où la promiscuité favorise la transmission.
«Comment demander aux gens de se laver les mains quand il n’y a pas d’eau», s’interroge un acteur local de la société civile. La question illustre l’ampleur du paradoxe. La riposte sanitaire ne peut se limiter aux hôpitaux et aux centres de traitement. Elle doit aussi garantir l’accès à l’eau, condition indispensable pour briser la chaîne de contamination.
Au-delà de l’urgence médicale, Mongwalu révèle une crise structurelle. L’épidémie met en lumière les failles d’un système d’approvisionnement en eau déjà défaillant. Sans solutions rapides, la lutte contre Ebola risque de rester incomplète, et les habitants de la région continueront de payer le prix fort de cette double vulnérabilité.
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