L’organisation Youth Action for Education (YMAE) a officiellement saisi la ministre d’État en charge de l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté afin de plaider pour l’élaboration d’une norme nationale de gestion des frais d’appui au fonctionnement dans les écoles techniques, professionnelles et industrielles de la République démocratique du Congo. Cette démarche s’inscrit dans le cadre de la campagne «École Eza Mombongo Te !» et du programme de promotion des sciences, des technologies et de l’innovation porté par l’organisation.
Dans sa correspondance datée du 17 juillet 2026, YMAE souligne que les frais d’appui au fonctionnement, prévus par la législation congolaise pour soutenir les activités des établissements techniques et professionnels, sont aujourd’hui marqués par une gouvernance jugée défaillante. Selon l’organisation, plusieurs écoles continuent d’éprouver des difficultés à assurer correctement les activités pratiques pourtant essentielles à la formation des apprenants.
L’ONG note notamment l’insuffisance d’équipements et d’outillages dans plusieurs établissements, malgré les montants perçus auprès des élèves. Elle dénonce également le recours récurrent aux parents pour financer certaines dépenses liées aux stages, aux travaux pratiques ou encore au suivi pédagogique, alors que ces charges devraient être couvertes par les frais déjà collectés par les écoles.
Pour YMAE, cette situation révèle un manque d’harmonisation dans la gestion des ressources ainsi qu’une ambiguïté persistante autour de la nomenclature des frais exigés aux parents. L’organisation estime que ces dysfonctionnements compromettent la qualité de l’enseignement technique, accentuent les tensions entre les établissements et les familles, et créent des inégalités dans l’accès aux formations pratiques.
Face à ce constat, YMAE propose l’élaboration d’un cadre normatif national permettant d’uniformiser les rubriques de perception, d’harmoniser les pratiques de planification et de dépenses, de clarifier les catégories de dépenses autorisées et de renforcer les mécanismes de contrôle, de traçabilité et de reddition des comptes. L’organisation plaide également pour l’interdiction effective de toute pratique consistant à imposer aux parents des coûts déjà couverts par les frais d’appui au fonctionnement.
Convaincue qu’une telle réforme contribuerait à améliorer la qualité de l’enseignement technique en RDC, YMAE appelle le ministère à engager une concertation avec les provinces et les différentes parties prenantes afin d’aboutir à un guide de gestion applicable à l’ensemble des écoles techniques, professionnelles et industrielles du pays. Une initiative qui, selon l’organisation, permettrait de concilier transparence, efficacité et respect des directives gouvernementales en matière de gestion des frais scolaires.
Blaise-Pascal Bonduku
