Une retenue de 5 000 francs congolais par candidat. Un montant qui, multiplié par des dizaines de milliers d'élèves, représente plus de 312 millions de FC. En Ituri, le Syndicat national des inspecteurs de l'enseignement au Congo (SYNIECO) dénonce ce qu'il présente comme un prélèvement illégal opéré sur les frais de participation au Test national de sélection et d'orientation scolaire et professionnelle (TENASOSP) 2025-2026.
Dans une lettre adressée au nouveau gouverneur militaire de la province le 1er juillet, le syndicat affirme que les frais officiels avaient été fixés à 30 000 FC par candidat, hors coût de la fiche d'identification.
Pourtant, selon ses responsables, 5 000 FC auraient été retranchés de chaque paiement sur la base d'une instruction attribuée au gouvernement provincial, sans qu'aucun arrêté ni texte réglementaire ne vienne en justifier la légalité.
Pour le SYNIECO, cette retenue ne figure dans aucun canevas national de répartition des recettes du TENASOSP. Le syndicat estime que cette pratique a déséquilibré le financement de l'organisation des épreuves et privé inspecteurs et agents de ressources qui leur étaient destinées.
Les chiffres avancés sont conséquents. Le syndicat évalue le montant total à 312 885 000 FC, répartis entre les trois provinces éducationnelles de l'Ituri : 173 255 000 FC pour l'Ituri 1, 82 315 000 FC pour l'Ituri 2 et 57 315 000 FC pour l'Ituri 3. Selon ses calculs, cette somme représenterait environ 1,36 million de dollars américains, au taux de change retenu dans sa correspondance.
Le SYNIECO demande désormais l'intervention personnelle du nouveau gouverneur militaire, le général-major Gaby Kasongo, afin que les inspecteurs et les autres agents impliqués dans l'organisation du TENASOSP soient rétablis dans leurs droits.
En attendant la réponse de l'autorité provinciale, le syndicat réclame également qu'une enquête permette de retracer la destination des fonds et d'établir les responsabilités.
La Rédaction
