La province de l’Ituri reste prisonnière d’une insécurité persistante qui bloque son développement. La multiplication des groupes armés malgré l’état de siège démontre que le redressement est encore loin.
En tout cas, les violences répétées empêchent la population de vivre dans la paix et freinent toute perspective de progrès durable. La grande inquiétude est que cette crise est alimentée par les groupes armés locaux, constitués des fils ituriens, qui poursuivent des intérêts liés au pouvoir et au contrôle des ressources minières, alors que le salut de l’Ituri passe avant tout par les fils et filles de la province eux-mêmes, contrairement au grand Kivu où l’on est confronté à une agression extérieure.
Certains acteurs sont manipulés par des pays voisins tandis que d’autres cherchent à s’enrichir au détriment de la majorité. L’insécurité devient ainsi un instrument d’exploitation qui fragilise davantage la province de l'Ituri.
Les conséquences se traduisent par des destructions massives. Djugu est ravagé, Irumu est anéanti, Mahagi et Mambasa sont frappés par les violences. Seul Aru résiste encore, mais la menace reste constante. La province continue de perdre ses forces vives et ses infrastructures, ce qui accentue le retard de son développement.
Disons que les études réalisées avant l’indépendance montrent que l’Ituri possède d’importantes ressources minérales. On y trouve de l’or, du fer, de l’argent, du colombotantalite, de l’uranium, du diamant, du pétrole... Ces richesses pourraient transformer la province en moteur économique pour la République démocratique du Congo. La crise sécuritaire chronique empêche cependant l’exploitation rationnelle de ces atouts et prive la population des bénéfices qui en découleraient.
La grande responsabilité incombe à l’élite et à la jeunesse de l’Ituri. Le courage et l’engagement doivent guider leurs actions pour mettre fin aux violences. La province ne peut se relever sans une prise de conscience collective et une volonté ferme de sauver l’Ituri.
Tant que les violences persisteront, ces richesses ne profiteront ni à la population ni au développement national. Le salut de l’Ituri dépend donc d’une volonté ferme de ses propres élites et de sa jeunesse pour mettre fin aux conflits et ouvrir la voie à la paix et au progrès. Sauvons l'Ituri.
NE.
