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| Photo d'illustration |
Les incursions répétées d’hommes armés en provenance du Soudan du Sud inquiètent de plus en plus les populations vivant le long de la frontière dans le territoire d’Aru, en province de l’Ituri.
Malgré l’ampleur de la menace, le silence des autorités provinciales alimente un sentiment d’abandon. La société civile et les notables locaux dénoncent une inertie coupable et alertent sur une montée de la criminalité dans les principaux centres commerciaux de la région.
Cri d'alarme
Dans une correspondance adressée au gouverneur militaire Gaby Kasongo, dont NouvelEchoRdc a reçu copie, les forces vives d’Aru décrivent une situation alarmante dans les chefferies frontalières de Kaliko-Omi et de Kakwa.
Des groupes armés venus du Soudan du Sud traverseraient régulièrement la frontière pour mener des opérations de pillage dans les villages congolais. Ces incursions sont souvent accompagnées d’enlèvements de civils, instaurant un climat de peur permanent, font savoir les forces vives.
Porosité de la frontière
Les signataires rappellent le kidnapping de plusieurs dizaines de civils en avril dernier, un drame qui avait suscité une vive émotion dans la région.
Ils estiment que la porosité de la frontière favorise les mouvements de ces bandes armées et expose davantage les populations à des attaques répétées.
Défense quasi absente
Les notables et acteurs de la société civile dénoncent le manque criant d’effectifs militaires le long de cette bande frontalière stratégique.
Ils exigent un renforcement immédiat de la présence des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) afin de sécuriser les localités les plus exposées et de prévenir de nouvelles incursions.
Criminalité croissante
Au-delà de l’insécurité transfrontalière, les signataires s’alarment de la hausse de la criminalité dans le territoire d’Aru. La cité d’Aru et le centre commercial d’Ariwara, l’un des principaux pôles économiques du nord de l’Ituri, sont confrontés à une recrudescence des braquages à main armée visant principalement les opérateurs économiques, alertent-ils.
Commerçants exposés
Selon les leaders communautaires, plusieurs commerçants ont été victimes d’attaques au cours des derniers mois, entraînant d’importantes pertes financières. Cette vague de criminalité a également coûté la vie à un policier, illustrant la brutalité des réseaux criminels qui opèrent dans la Zone.
Économie locale menacée
Les acteurs locaux redoutent que l’insécurité grandissante ne fragilise davantage l’économie de ce territoire frontalier, dont les échanges commerciaux avec les pays voisins constituent l’un des principaux moteurs de développement.
Ils craignent que les investisseurs se détournent et que les activités commerciales qui font la réputation d’Ariwara et d’Aru soient durablement perturbées.
Justice fermement attendue
La société civile plaide pour une réponse judiciaire plus ferme. Elle réclame l’organisation rapide de procès forains afin de juger publiquement les présumés criminels déjà arrêtés, parmi lesquels figureraient également certains ressortissants étrangers, notamment ougandais.
Les signataires estiment que ces audiences publiques enverraient un signal fort contre l’impunité et contribueraient à restaurer la confiance de la population dans les institutions chargées de la sécurité et de la justice.
Gaby Kasongo interpellé
Jusqu’à la rédaction de cet article, le gouvernorat de l’Ituri n’a pas encore réagi officiellement à l'interpellation des forces vives d'Aru.
En attendant une réponse, elles appellent à des actions urgentes pour mettre fin aux incursions armées venues du Soudan du Sud et à la criminalité qui gagne du terrain dans ce territoire frontalier.
La Rédaction
