À peine installé à la tête de la province de l'Ituri, le nouveau gouverneur militaire, le général-major Gaby Kasongo, est déjà confronté à un dossier susceptible de raviver les interrogations sur la gouvernance financière de l'administration provinciale.
Des correspondances attribuées au directeur de cabinet sortant, Uringi Ernest, mettent en cause plusieurs responsables administratifs qu'il accuserait d'avoir participé à une gestion des fonds publics assimilable à un pillage de la caisse provinciale.
Selon des informations obtenues des sources proches de NouvelEchoRdc, l'une de ces correspondances aurait été nouvellement adressée au nouveau gouverneur militaire. Uringi Ernest y réclamerait le paiement de plus de 50 000 dollars américains de primes de frais de recherche qu'il aurait jamais perçues durant son mandat auprès de l'ancien gouverneur militaire, le lieutenant-général Johnny Luboya.
Mais au-delà de cette revendication financière, les documents évoqués par ces sources décriraient un mode de gestion interne qui, selon leur auteur présumé, aurait permis à certains collaborateurs d'exercer une influence déterminante sur les finances de la province.
Les correspondances citeraient notamment le conseiller principal, le colonel Christian Elyaba Wakusombo, le sous-gestionnaire Drazu Avu Moïse ainsi que la comptable provinciale, Rachel Lukusa Kanku. Selon Uringi Ernest, à en croire les mêmes sources, ces responsables auraient joué un rôle central dans la gestion des fonds publics, alors que certains ne disposeraient pas des compétences ou des prérogatives nécessaires pour intervenir dans ce domaine.
D'après les mêmes sources, le directeur de cabinet sortant explique qu'il s'était jusque-là abstenu de réclamer les sommes qu'il estimait lui être dues, invoquant son statut de dignitaire de la République et de Chevalier de l'Ordre national du Léopard. Cette retenue aurait, selon lui, laissé une marge de manœuvre importante à ses collaborateurs dans la gestion quotidienne des ressources financières de la province.
Les documents qui seraient consultés par les sources de NouvelEchoRDC vont plus loin. Ils soutiendraient que l'équipe mise en cause bénéficiait de la confiance de l'ancien gouverneur militaire Johnny Luboya et administrait les ressources publiques comme une caisse privée, transformant, selon ces allégations, des droits administratifs en faveurs accordées de manière discrétionnaire.
Ces accusations interviennent dans un contexte de transition à la tête de l'administration provinciale et pourraient alimenter les attentes en matière de transparence et de reddition des comptes. Elles n'ont toutefois pas, à ce stade, fait l'objet d'une confirmation indépendante ni donné lieu à une procédure officielle connue.
NouvelEchoRdc n’a pas pu obtenir la version des faits auprès des personnes citées dans ces correspondances. En l'absence de conclusions d'une enquête administrative ou judiciaire, ces affirmations demeurent celles de leur auteur présumé et devront être examinées par les autorités compétentes avant que d'éventuelles responsabilités puissent être établies.
NE.
