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DJUGU : à Djokudjo, la colère de la population monte contre Mont Gabaon pour non-respect continuel des engagements sociaux

Six ans après la signature d’un cahier des charges censé garantir des retombées sociales à la communauté, les habitants de Djokudjo, dans le territoire de Djugu, dénoncent ce qu’ils considèrent comme une trahison. La société Mont Gabaon, exploitante locale, n’aurait pas respecté ses engagements.

La route de dix kilomètres reliant Djokudjo à Ezekere devait être reprofilée. Elle reste impraticable, obligeant les commerçants à transporter leurs produits agricoles au prix d’une grande souffrance, avec des coûts logistiques qui explosent. «Pour aller vendre à Ezekere ou à Mahagi, il faut marcher pendant des heures avec les sacs de haricots ou de manioc sur la tête», selon les témoignages. 

Autre promesse non tenue, l’adduction d’eau. Les bornes-fontaines installées n’ont jamais été mises en service par Mont Gabaon. Les ménages continuent de s’approvisionner dans les rivières et les sources, exposant les enfants aux maladies hydriques. «L’eau, jusqu’à présent, ne coule pas dans les robinets», déplore la population.

La société civile et les notables locaux parlent d’un mécontentement croissant. Pour eux, le cahier des charges représentait la contrepartie sociale de l’exploitation des ressources par la société Mont Gabaon. Aujourd’hui, ils se disent lésés et réclament une reprise immédiate des travaux, dans le respect des engagements. 

La communauté exige l’implication de l’administrateur du territoire de Djugu et du gouvernement provincial de l’Ituri. Elle demande un calendrier clair, le reprofilage de la route et la mise en service effective du réseau d’eau.

La population de Djokudjo qui s'impatiente  semble avoir atteint ses limites. La dénonciation, notamment de la société civile de la région, fait montre d'une tension plus large, où les promesses des sociétés exploitantes peinent à se traduire en bénéfices tangibles pour les populations.

La Rédaction