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KINSHASA : pollution à Kintambo, le Centre Catholique Nganda au cœur d’une dégradation alarmante de la santé des riverains ?


Dans le quartier Jamaïque, situé dans la commune de Kintambo à Kinshasa, une inquiétude persistante s’installe depuis près de dix mois autour des activités du Centre Catholique Nganda. Des habitants dénoncent une dégradation notable de la qualité de l’air, qu’ils attribuent aux pratiques agro-pastorales menées sur ce site.

Odeurs nauséabondes, atmosphère jugée irrespirable à certaines heures et propagation de nuisances olfactives dans les habitations... Autant d’éléments qui alimentent une exaspération croissante, dans un contexte où les appels au bon voisinage semblent être restés lettre morte.

Les témoignages recueillis auprès des riverains dressent un tableau préoccupant. Plusieurs évoquent un air «lourd» au petit matin et en fin de journée, accompagné d’irritations oculaires, de toux et de gênes respiratoires.

Les populations les plus vulnérables; enfants, personnes âgées et individus souffrant d’affections respiratoires apparaissent particulièrement exposées. Au-delà de la question sanitaire, c’est un véritable sentiment d’injustice qui se cristallise, les habitants estimant que leur droit fondamental à un environnement sain est compromis par des activités dont l’encadrement reste flou et insuffisant.

Sur le plan légal, la situation interpelle. La législation congolaise impose en effet le respect strict des règles de salubrité publique et du bon voisinage, principes fondamentaux garantissant la cohabitation harmonieuse entre institutions et communautés.

À ce titre, le Centre Nganda devrait mettre en œuvre des mécanismes efficaces de gestion des nuisances, d’assurer la transparence de ses activités et de se conformer aux normes environnementales en vigueur. De leur côté, les autorités locales disposent de leviers d’action clairs; inspections, médiations, voire sanctions  pour faire respecter ces obligations et prévenir toute atteinte à la santé publique.

Face à l’inaction perçue, les riverains ont multiplié les démarches auprès des autorités compétentes, constituant des dossiers documentés pour appuyer leurs plaintes. Ils exigent désormais des mesures immédiates, notamment la mise en place d’un plan d’atténuation crédible et vérifiable.

Dans ce contexte, l’urgence n’est plus à la simple constatation, mais à l’action concertée. Restaurer un climat de confiance et garantir le droit à un environnement sain passent par une réponse rapide, rigoureuse et transparente, faute de quoi cette crise locale pourrait devenir le symbole d’un dysfonctionnement plus large en matière de gouvernance environnementale.

Blaise-Pascal Bonduku