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| Hon. Paul Babangu |
Dans le Nord-Est de la République démocratique du Congo, les inquiétudes remontent à la surface, portées par le député national Paul Babangu.
L’élu de l’Ituri a adressé une Question orale avec débat, le lundi 13 avril, au Vice-Premier ministre, Ministre de l’Intérieur, Jacquemin Shabani, sur une double dynamique qu’il juge préoccupante. D’un côté, l’arrivée massive de réfugiés sud-soudanais dans le territoire d’Aru. De l’autre, l’installation, jugée incontrôlée, d’éleveurs Mbororo dans le Bas-Uélé et le Haut-Uélé.
«Gouverner, c’est prévoir et non subir», lance-t-il, en forme d’avertissement. L’élu demande des comptes sur les mesures anticipatives mises en place par les autorités pour contenir les effets potentiels de ces mouvements. À ses yeux, ces flux «non maîtrisés» pourraient rapidement se transformer en menace pour l’équilibre local, fragilisant la cohésion sociale et attisant les tensions sécuritaires.
Dans sa correspondance, Paul Babangu souligne l'expérience d'un précédent lourd de conséquences sur le sol congolais, celui de l'Opération Turquoise en 1994 au Rwanda. «L’installation prolongée de réfugiés rwandais en RDC a engendré des problèmes de sécurité graves et persistants», rappelle-t-il, avant de prévenir que «nous constatons une situation similaire se profiler dans le Nord-Est» du pays.
Sur le terrain, notamment dans le territoire d’Aru, l’inquiétude gagne les populations locales, fait-il savoir. «Déjà les populations locales redoutent une répétition des erreurs du passé», insiste l'élu de l'Ituri. Une crainte qu’il dit partager, appelant l’État à ne pas attendre que la situation dégénère.
Même tonalité dans le Bas-Uélé et le Haut-Uélé, où la présence d’éleveurs Mbororo est décrite comme un facteur aggravant. «Leur présence non contrôlée accentue les tensions sécuritaires», affirme le député national Paul Babangu, évoquant un «envahissement» susceptible de déstabiliser davantage ces zones frontalières déjà fragiles.
Face à ce qu’il considère comme une urgence, Paul Babangu presse le Vice-Premier ministre, Ministre de l’Intérieur de s’expliquer à travers une question sans complaisance : «Quelles sont les mesures anticipatives prises par votre ministère pour prévenir les effets négatifs de toutes ces arrivées massives et incontrôlées de réfugiés sud-soudanais au Nord-Est de notre pays ainsi que des éleveurs Mbororo dans le Bas et le Haut-Uélé ?».
Et d’insister sur un point crucial, celui du contrôle des frontières : «Quelles sont les dispositions prises par votre ministère pour assurer la protection ainsi que le contrôle effectif de nos frontières nationales dans les zones concernées par ces mouvements migratoires afin de garantir la sécurité et la souveraineté de la République ?».
À en croire l’élu de l'Ituri, l’urgence d’une action gouvernementale forte et anticipative est plus que nécessaire. Ses questions adressées au VPM de l'intérieur laissent entendre que l’État doit tirer les leçons du passé et éviter que l’histoire ne se répète dans le Nord-Est de la RDC.
Germain Aboki
